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La turpitude
Hedi Majdoub
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« Il interdit la turpitude, le blâmable et la rébellion ». (16: 90)

Chers lecteurs et lectrices, notre bien-aimé le Prophète disait à ses compagnons que le verset 90 de la sourate 16 est le verset coranique qui résume le mieux non seulement les recommandations de notre Seigneur mais aussi ses interdits. Nous allons par la grâce d’Allah, aborder le premier des interdits qu’a cité ce verset, à savoir la turpitude. En effet, si les recommandations divines ont pour finalité de mener les Hommes à la félicité, les interdits quant à eux, mêmes minoritaires, ont pour répercussion d’entraver toute démarche vers la réussite. Ainsi, Allah dit : « Il interdit la turpitude, le blâmable et la rébellion ». Dans un autre verset, Allah précise avec détails la proscription de toute forme de turpitude, Il dit : « Dis : Mon Seigneur a proscrit les turpitudes tant apparentes que secrètes ». (7: 33)

Ce verset trace à l'humanité la ligne de conduite à suivre, qui devrait être celle de la grande moralité, loin du paraître ou de toute forme d’hypocrisie. Dans ce verset Allah n'a pas tout simplement dit: « Mon Seigneur a interdit les turpitudes », mais Il a également rajouté : « tant apparentes que secrètes ». Ce rajout montre donc l’existence de deux formes de turpitudes : celle apparente, telle la fornication, et celle qui relève de l’intérieur, comme les vices, la ruse ou encore la trahison. Le danger des turpitudes est tel que ce mot est répété à vingt-quatre reprises dans le Noble Coran et ceci dans ses différentes formes étymologiques.

La fornication : le sommet de la turpitude

Pour ceux qui s’interrogent sur la définition du mot turpitude dans la terminologie islamique, il faut savoir qu’il désigne tout acte, parole, ou pensée considéré comme un péché capital. De ce fait, nous voyons le Coran qualifier l’avarice de turpitude, Allah dit : « Le Diable vous fait craindre l'indigence et vous recommande des turpitudes (ici l'avarice) » (2: 268). Toutefois, dans la majeure partie des cas où ce mot est cité dans le Coran ou la Sunna, il désigne les pratiques sexuelles non conventionnelles d’un point de vue islamique. On peut citer la fornication ou encore l’adultère, Allah dit dans le Coran : « Et n'approchez point la fornication. En vérité, c'est une turpitude et quel mauvais chemin! » (17: 32). Concernant l’inceste Il dit : « Et n'épousez pas les femmes que vos pères ont épousées, exception faite pour le passé. C'est une turpitude, une abomination, et quelle mauvaise conduite! » (4: 22). Et lorsque le prophète Lot s’adresse à son peuple au sujet de l’homosexualité, il leur dit, comme le rapporte toujours le Coran : « Vous livrez-vous à la turpitude que nul parmi les mondes, n'a commis avant vous? » (7: 80).

Malheureusement dans nos sociétés actuelles, le mot chasteté n’a plus de valeur. S’attacher solidement à la moralité dans toute l’étendue du mot est devenu très mal vu. En effet, prôner haut et fort le libertinage est signe de liberté là où défendre l’éthique de la chasteté et de la fidélité est automatiquement interprété, à tort bien sûr, comme une atteinte à la liberté voire même une discrimination inadmissible. Mais comme l’affirme si bien notre Seigneur : « L’impureté et la pureté ne sont point égaux, même si l’ampleur de l’impureté t’étonne » (5 : 100). Un jour, un homme est venu voir notre bien-aimé le Prophète et l'a interrogé par ces mots : « Ô messager de Dieu, quel est le plus grand péché ? », notre bien-aimé le Prophète lui répondit : « le plus grand péché c'est de donner à Allah un égal alors que c'est lui qui t’a créé ! », puis l'homme répliqua : « et quoi d'autre ? », et au Prophète de rajouter : « le fait de tuer tes enfants par peur qu'ils partagent ta subsistance ! », et enfin l'homme dit : « et quoi d'autre ? », et le Prophète martela : « commettre la fornication ! » Bukhari. A l'issue de ce dialogue entre le Prophète et ce bédouin, les portes du ciel s'ouvrirent pour laisser descendre des versets coraniques fortifiant les sages réponses prophétiques, Allah dit: « ceux qui n'adorent aucune divinité avec Allah, ne tuent pas l’âme qu'Allah a rendue sacrée sauf en toute justice et ne commettent point la fornication car quiconque fait cela encourra une punition. Le châtiment lui sera doublé, au Jour de la Résurrection, et il y demeurera éternellement couvert d'ignominie; sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne oeuvre; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est Pardonneur et Miséricordieux; et quiconque se repent et accomplit une bonne oeuvre c'est vers Allah qu'aboutira son retour. » (25: 68/71).

Chers lecteurs et lectrices, parmi les sources qui montrent que la fornication est totalement opposée aux principes de la foi, le hadith où le Prophète rappelle qu’ « aucune personne ne commet la fornication tout en étant croyant » Bukhari, ceci car au moment de la commettre « Allah lui enlève la foi tel un homme qui se dévêt de ses habits » Hakim. Le jour de la rencontre avec Allah, les voiles s’interposeront entre tout fornicateur et la miséricorde de son Seigneur. Notre bien-aimé le Prophète n’a t il pas dit : « trois personnes, Allah ne leurs parlera point le jour de la résurrection, il ne les regardera pas et ils auront un douloureux châtiment : un adulte fornicateur, un guide menteur et un pauvre orgueilleux » ? Muslim.

Comment devenir chaste ?

Cependant, la question que de nombreux croyants sont souvent appelés à se poser est : comment trouver la force, la volonté et surtout la motivation de mettre une barrière entre la tentation et soi ? En réalité, il faut chercher la force de répondre à l’appel de la raison. Dans son approche éducative des âmes, l’islam trace les grandes lignes de ce qui peut être le remède le plus efficace face à ce fléau. Nous citerons, à ce propos, les recommandations suivantes :

  • Le premier remède demeure le mariage comme le suggère le Prophète lorsqu’il dit : « Ô vous les jeunes, que celui qui parmi vous en a la possibilité se marie. Si vous ne pouvez pas, trouvez votre force dans le jeûne car il vous aidera mieux à maîtriser votre regard et à préserver votre chasteté » Bukhari. Il est important de souligner ici qu’au lieu de la masturbation c’est plutôt le jeûne qui est la solution !

  • Mettre un frein sur le regard car c’est le début de la route vers le péché et le Seigneur dit dans un hadith divin : « Le regard est une flèche empoisonnée du diable, celui qui le maîtrise par crainte pour Moi, je lui donnerai comme récompense une quiétude dont il sentira le goût dans son cœur » Hakim.

  • Choisir ses fréquentations. Il n’y a aucun doute sur le fait que l’ambiance, dans laquelle on évolue, influence beaucoup les décisions que l’on est amené à prendre. Le Prophète dit : « Si vous voulez connaître l’homme regardez sa fréquentation » (Tabarani). Et Allah dit : « Et ne suit point celui dont nous avons rendu son cœur inattentif à Notre rappel, qui suit ses passions et dont sa vie n’est qu’excès ». (18:28)

  • La lecture coranique. Allah dit: « Lorsque tu lis le Coran, nous mettons entre toi et ceux qui ne croient pas au jour dernier, un voile qui protège ». (17:45)

  • Quelques prières au milieu de la nuit contribuent à réveiller les cœurs et fortifier l’intérieur : « Cherchez soutient par l’endurance et la prière ». (2:45)

Mais avant tout, il faut se tourner vers son Seigneur. Plus le serviteur se rapproche de Lui, plus il trouvera le bonheur qui le défait de tout autre désir contraire à la rectitude.

« Et accomplis la Salat aux deux extrémités du jour et à certaines heures de nuit. Les bonnes oeuvres dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent. » (11: 114)

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Rencontre chez les Musulmans

Les femmes dans l’Islam

« Les femmes sont égales aux hommes » hadith Dans ce monde actuel, de plus en plus de voix s’élèvent contre l’islam. Cette religion qui aujourd’hui est la cible de multiples critiques et accusations. Les appels qui lui sont lancés pour le respect des droits de l’Homme sont dus essentiellement à la place de la femme, qu’ils jugent inhumaine, et non compatible avec les valeurs de ce siècle. On entend partout que la femme n’a aucun droit dans l’islam, qu’elle a plus de devoirs que l’homme, qu’elle vit dans l’humiliation et la soumission. La femme musulmane serait battue, voilée, lapidée, excisée, lésée dans son héritage, blessée et trahie dans ses sentiments lorsqu’elle subi la polygamie.

Avant d’aller plus loin, il faut rappeler qu’il est essentiel aujourd’hui avant de porter un jugement, de faire la différence entre l’islam, dans sa grandeur et sa pureté, et les musulmans, avec leurs traditions, leurs faiblesses, et leurs manières d’interpréter l’islam. Les musulmans ne sont pas toujours à l’image de l’islam. Ainsi donc tout grief à l’encontre de l’islam est donc de ce point de vue infondé.

Ces accusations au sujet de la femme qu’on entend tous les jours sont très récentes. En effet, au début de l’islam, les notables mecquois justifiaient leur refus de l’islam en disant qu’ils n’accepteraient jamais une foi qui n’est embrassée que par des femmes, des enfants et des esclaves. Avant, ils l’appelaient la religion des femmes, et aujourd’hui la religion des hommes.

Avant ils disaient que c’était une femme qui inspirait le Prophète et lui enseignait des récits anciens, comme le dit le Saint Coran : « Nous savons pertinemment qu’ils disent c’est un mortel qui lui souffle ce qu’il dit ». s.16, v.103 Et lorsqu’on les invitait à la foi ils répondaient « Voulez-vous qu’on croie comme ces faibles d’esprit ? » s.2, v.13, faisant ainsi allusion aux femmes, aux enfants et aux esclaves. Preuve que la situation s’est complètement inversée. Pourtant, il y a une chose qu’ils ne sauraient mettre en cause. Il s’agit d’une réalité historique, qu’aucune langue ne saurait éteindre : la première personne à avoir embrassé l’islam est une femme. En effet, alors que le Prophète revient du mont Hira, où le Coran vient de lui être révélé, sa femme Khadija a immédiatement cru.

Automatiquement, pas par contrainte ou par amour aveugle pour son époux, mais plutôt par conviction. Elle explique au prophète les raisons de sa foi par ces propos : « Tu es un homme véridique dans tes propos, bienfaisant avec ses proches, digne de confiance, autant de qualités qui font que jamais ton Seigneur ne te fera goûter l’humiliation. » (Bukhari) C’est à l’issue de cette discussion que l’ange Jibril est descendu, portant avec lui les premiers versets de la sourate Muddathir, lui disant : « O toi le vêtu d’un manteau, Lèves toi et avertit (ton peuple). Et glorifie ton Seigneur. » s.74 v.1-3

Une manière de lui dire, maintenant que tes arrières sont assurés, protégés par ta femme, maintenant que tu as été fortifié par ton épouse, tu peux te permettre d’inviter les autres à l’islam. « Et glorifie ton Seigneur » pour ses faveurs parmi lesquelles le soutient et l’assistance d’une femme noble, pieuse, fidèle et impliquée dans le message de son compagnon. Et miséricorde à Omar Ibn Al Khatab lorsqu’il dit : « derrière tout grand homme une femme ».

Il suffit tout simplement d’apprendre l’histoire pour savoir que dans l’islam la femme n’a jamais été précédée par l’homme, ni laissée en arrière. Comme lui, elle a cru, immigré en compagnie du prophète lorsqu’il fut victime de l’intolérance de son peuple, la femme a toujours su donner sa part à l’édification et la transmission des valeurs humaines et spirituelles à savoir celles de l’islam. Pour ne citer que quelques exemples, on ne peut exclure Seydatouna Aicha dans la science des hadiths, ni Seydatouna Hafsa dans la récitation coranique, ni Seydatouna Oum Salama dans l’exégèse du Saint Coran.

Chers lectrices et lecteurs, l’égalité entre les hommes constitue l’essence de tout message divinement inspiré et ceci en dépit de leurs races, couleurs, sexes, traditions et coutumes. On peut tout résumer en une phrase : « vous êtes tous issus d’Adam » (Abou Daoud). Face à l’islam, le mérite ne peut venir que de ce qu’on a acquis et la gratitude est l’exclusivité des bienfaisants quelque soit le sexe ou la race ou même le milieu social auquel ils appartiennent. Comme le montre le Coran : « Celui qui fait de bonnes œuvres, homme ou femme, du moment qu’il est croyant, nous lui donnerons la récompense digne de cela » s.16, v.97

Le véritable problème aujourd’hui est l’instrumentalisation que l’on fait sur le sort des femmes et la stigmatisation de certains. J’aimerais souligner ici, à titre personnel, que le combat féministe ne doit pas se concrétiser sous un seul modèle et ne doit pas devenir discriminatoire en excluant certaines femmes tout simplement parce qu’elles se revendiquent de tel ou tel courant idéologique, religieux ou culturel. Pour être féministe et défendre le sort des femmes dans les sociétés, on n’a pas besoin de se défaire de son identité et de sa foi.

La situation devient plus étonnante encore lorsque des voix s’élèvent pour parler au nom des musulmanes, voire leur imposer la manière dont elles doivent vivre leurs propres choix. L’heure n’est plus aujourd’hui à la colonisation des esprits ou la diabolisation des différences. Agissons. Unissons nous où que nous soyons afin de mettre fin aux injustices faites aux femmes. Rejoignons notre force à celle de l’islam pour dire à qui veut l’entendre : « Les croyants et croyantes sont tous des alliés. » s.9, v.71 , « Vous tous hommes et femmes êtes pareils aux yeux de votre Seigneur » s.3, v.195 , « elles ont autant de droits qu’elles ont de devoirs » s.2, v.228 « Comportez vous convenablement envers elles; et si vous avez de l'aversion pour elles, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose où Dieu vous fasse grand bien. ».s.4, v.19. Ou encore « le plus noble auprès d’Allah reste le plus pieux » s.49, v.13. C’est cela, l’islam de l’égalité entre les peuples, races et sexes. Pour conclure sur ces versets, celui de la sourate Ahzab doit faire réfléchir : « Les soumis hommes et femmes, les dévoués hommes et femmes, les véridiques hommes et femmes, les endurants hommes et femmes, les pieux hommes et femmes, les bienfaisants hommes et femmes, ceux qui jeûnent hommes et femmes, les chastes hommes et femmes, ceux qui invoquent leur Seigneur, hommes et femmes ». s.33, v.35

Allah a pris soin de citer ses serviteurs à la fois au masculin et au féminin, pour faire tomber les tentatives de ceux qui pensent que le spirituel et le moral sont une exclusivité masculine. Malheureusement personne ne nuit à l’islam plus que les musulmans. Ceux qui pour asseoir leur domination sur la femme sont prêt à instrumentaliser la religion parfois sous prétexte qu’elle est « une perle qu’il faut préserver », et en choisissant de chosifier la femme ils oublient la parole du Prophète, qui s’est adressé aux croyants peu avant sa mort, lors du dernier pèlerinage : « Ô peuple! En vérité vos femmes ont des droits sur vous. Assurez-leur le meilleur traitement, vous les avez comme dépôt de la part de Dieu et vous avez pris possession d’elles par des paroles divines. Craignez donc Dieu en ce qui concerne les épouses et je vous ordonne de bien les traiter. » (Muslim)

En ce qui concerne l’héritage de la femme en islam, il est assez répandu dans les langues des uns et des autres que celles-ci ne prendrait que la moitié de l’homme. Cette accusation est infondée car en nous plongeant dans le droit islamique on se rend compte de la réalité suivante :

  • Il y a trente quatre cas dans lesquels dans l’héritage la femme se retrouve au milieu d’hommes.

  • On note quatre cas dans lesquels la femme hérite la moitié de l’homme.

  • Cinq cas dans lesquels la femme hérite et l’homme n’hérite rien.

  • Onze cas dans lesquels ils héritent au même niveau.

  • et quatorze cas dans lesquels la femme hérite plus que l’homme.

On voit difficilement où peut se trouver l’injustice ici. Quant à la polygamie, l’islam ne l’impose pas, ne l’ordonne pas et qu’il soit clair, il ne la recommande pas mais laisse à tout un chacun le libre choix d’être polygame ou non selon les cultures et civilisations et besoins. Toutefois, Allah dit : « Si vous pensez ne pas être équitable, alors tenez vous en a une seule » s.4, v.3

Parfois, à tort on justifie certaines pratiques coutumières par l’islam comme c’est le cas de l’excision. Il est bon à savoir que le prophète n’a excisé aucune de ses filles, et aucune de ses femmes ne l’a été d’ailleurs comme le souligne Omar : « Nous la tribu de Quraich, nous ne connaissons pas l’excision ».

Juger une chose sans la connaître est pur égarement. Diaboliser ce qui déjà nous fait peur ne nous guérit pas. Il ne faut pas faire de nos différences une division. Face à la diversité le dialogue s’impose. Les hommes vivront en paix le jour où ils saisiront la divine parole : « Ô vous les hommes nous vous avons créés à partir d’un homme et d’une femme, nous avons fait de vous des peuples et tribus différents afin que vous vous entre connaissez. ». s.49, v.13

Lucie Dupuis

il y a 3 mois

Rencontre chez les Musulmans

Approcher une femme déjà fiancée

L’interdiction pour tout croyant de faire des avances ou d’approcher une femme déjà fiancée en vue d’un mariage, relève d’un consensus juridique entre les différentes écoles. Elles se référent aux multiples sources dans lesquelles notre maître le prophète, paix et salut sur lui, interdit formellement à tout croyant de faire des avances à une femme déjà fiancée à un autre. (Bukhari, Muslim entre autre).

Mohamed Dahab

il y a 3 mois

Rencontre chez les Musulmans

Un homme qui serre la main aux femmes

Le fait pour un homme de serrer la main à une femme qui lui est étrangère suscite des divergences au sein des savants musulmans certains le rejettent tandis que d’autres l’acceptent. Vu la sensibilité de cette question nous allons ramener les preuves de chacune des deux parties.

1. Les arguments de ceux qui le réfutent :

  • Le hadith rapporté par Ahmad, An-Nassâ’î , par Ibn Mâjah dans lequel notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, dit : « Certes, moi je ne serre pas la main aux femmes. ».

  • Celui rapporté par Bukhari et Muslim où Le Prophète (pssl) dit : « Chaque enfant d’Adam a une part de fornication dans laquelle il doit nécessairement tomber :… la main dont sa fornication est le toucher…, et tout cela est confirmé ou infirmé par le sexe. ».

  • Celui rapporté par Muslim selon notre mère Aicha (qu’Allah l’agrée) qui dit : « Je jure par Allah! La main d’une femme n’a jamais touché la main du messager d’Allah, Il prenait plutôt le serment d’allégeance des femmes verbalement. ».

  • Le hadith rapporté par Tabarani D’après Seyidna Ma`qil Ibn Yasâr, selon qui notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, dit : « Mieux vaut pour l’un d’entre vous de se voir planter une aiguille en fer dans la tête que de toucher une femme qui lui est interdite. ».

  • Toutes ces sources ont conduit certains à considérer le fait de serrer la main d’une femme étrangère comme étant proscrit.

2. Les arguments de ceux qui ne le bannissent pas :

D’autres savants affirment totalement le contraire et expliquent les sources prophétiques ci-dessus par une autre approche.

  • Par rapport au hadith a), ils disent que le Prophète (pssl) a utilisé le terme « إني » qui signifie « Certes, moi », ce qui est une tawkid qui démontre que le fait de ne pas serrer la main des femmes lui est une exclusivité qui ne concerne pas les autres musulmans. Comme lorsqu’ il est arrivé lors de l’hégire vers Médine, le compagnon Abou Bakr emmena deux montures qui lui appartenait et présenta la meilleure à notre maître qui lui répondit : « Certes, moi je ne monte pas un chameau qui ne m'appartient pas », et Abu Bakr répondit « Ô Messager d’Allah, je t’en fais cadeaux », Notre Maître, paix et salut sur lui, lui dit : « Plutôt vend le moi et je te payerai plus tard ».

    Ici en analysant les deux phrases on voit la similitude :

    « Certes, moi Je ne serre pas la main aux femmes. »

    « Certes, moi Je ne monte pas un chameau qui ne m'appartient pas. »

    On retrouve dans les deux phrases le même terme « إني » : « Certes, moi » pourtant tous les ouléma s’accordent sur le fait qu’il n’est nullement interdit de monter une monture qui ne nous appartient pas, cela fait parti plutôt de ce qu’on appelle « les exclusivités prophétiques ». Pourquoi donc faire la différence avec le fait de serrer la main aux femmes. D’autant plus que le hadith c) d’Aicha illustre aussi le cas d’exception du Prophète (pssl).

  • Concernant le hadith b) où il est dit que la main fornique par le touché, il est très important de prendre en considération les réalités linguistiques car dans le vocabulaire islamique le verbe « toucher » est utilisé pour désigner pudiquement l’acte sexuel, et ceci dans les versets coraniques et hadith prophétique, comme cela est rapporté dans le commentaire de Seyidn a Ibn `Abbâs de la formule coranique : « ou si vous avez touché les femmes ». Ibn `Abbâs dit en effet : « Toucher une femme », dans le Coran cela signifie avoir un rapport sexuel avec elle. L’examen des versets coraniques où figurent cette expression confirme manifestement cette interprétation : « Elle dit : Seigneur ! Comment aurais-je un enfant, alors qu’aucun homme ne m’a touchée ?" » s.19 v20; « Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées. » s.2 v237.

    Dans ce hadith, il n’est donc nullement question du fait de serrer la main d’une femme mais plutôt de caresser et de s’adonner aux préliminaires par le toucher en vue du péché. D’ailleurs on note à la fin du hadith b) : « et tout cela est confirmé ou infirmé par le sexe ». C’est aussi le cas pour le hadith d).

En ce qui nous concerne nous adoptons la vision du deuxième groupe d’ouléma qui ne voit nullement le mal à serrer la main aux femmes lorsqu’il n’est nullement mal intentionné.

Mickael Sall

il y a 3 mois