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La chasteté chez les Musulmans
Sheikh Ahmad Mustapha Mbaye
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« Ceux qui préservent leur chasteté si ce n’est vis-à-vis de leurs époux (ses) ou celles qu’ils détiennent, dans ces cas là, ils ne seront point blâmés. Quant à ceux qui cherchent une autre jouissance en dehors de ses limites, voilà certes les transgresseurs. » s.23 v.5-7

« Ne vous approchez point de la fornication car c’est certes une turpitude et quel mauvais chemin. » s.17 v.32

« …Et ils ne commettent point la fornication, celui qui s’adonne à cela sera confronté à un blâme, la punition lui sera doublée le jour de la résurrection et il y demeurera dans l’humiliation. » s.25 v.68

C’est en ces nobles versets que le Coran décrit, avec raison, la conduite que doit adopter le croyant en matière de chasteté. Malgré une époque où le chaste fait partie de l’exception, où la turpitude se normalise, les mœurs se dégradent, les principes et la raison se perdent au profit de passions profanes, malgré tout ceci, les détenteurs de la foi trouveront refuge toujours derrière les enseignements de celle-ci. Des enseignements dans lesquels il est dit : oui à la sexualité, non à la fornication ; oui à la rencontre, non au libertinage ; oui à l’échange et au partage mais non à la perversité. Cet état de perdition (malheureusement observé même chez ceux qui se revendiquent croyant) avait été prédit par notre bien-aimé le Prophète (psl) lorsqu’il avertit que la banalisation de la dégradation des mœurs serait l’un des signes annonciateurs de la fin des temps (Bukhari). Il dit aussi : « Prémunissez-vous par les bonnes œuvres avant que n’arrive l’époque sombre et obscure, en ces temps là, l’homme se réveillera croyant pour ensuite répudier sa foi le soir même, il se verra croyant le soir pour perdre celle-ci au petit matin parce que pour les jouissances terrestres il aura vendu sa foi ».

Si Dieu est amour et si notre conscience nous mène vers lui, alors il serait important de prendre connaissance des limites qu’Il nous impose afin de ne pas s’en écarter à cause d’agissements malsains : « Non, leurs œuvres ont ardemment taché leurs cœurs. Non, le jour dernier, ils seront alors voilés de leur seigneur ». s.83 v.14 et 15. Il nous appartient de chercher à comprendre les sagesses qui motivent l’interdiction ainsi nous pourrons mieux assumer nos choix.

Qu’entend-on par chasteté ?

L’évocation de la chasteté prête souvent confusion avec le vœu de célibat. Même si c’est les deux sont parfois synonyme dans certaines religions, ce n’est pas le cas pour l’islam totalement opposé à ce principe. Le vœu de chasteté dans l’islam consiste tout simplement à ne s’adonner à aucun acte sexuel en dehors du cadre du mariage, qui, il faut le rappeler, est le seul régime matrimonial reconnu par la religion.

Même dans le cadre du mariage, le ou la marié(e) peut ne pas être considéré comme étant chaste lorsqu’il s’adonne à certaines pratiques sexuelles considérées par l’islam comme jouissance illicite. Autrement dit comme des actes impurs et parfois pervers, c’est le cas par exemple pour toutes pratiques sexuelles en période de menstrues ou pour la sodomie, entre autres. En ce sens Allah dit : « Et ils t’interrogent sur les menstruations dit leur c’est une impureté. Ecartez vous de vos épouses sexuellement lorsqu’elles sont en menstruations et ne les approchez qu’après qu’elles se soient purifiées. Une fois pures alors venez à elles comme votre seigneur vous l’a ordonné ». s.2 v.222

Mais la chasteté, chers lecteurs et lectrices, ne s’arrête pas dans la pratique sexuelle, elle-même, mais englobe tout ce qui pourrait conduire de près ou de loin à la turpitude. Notre bien-aimé le Prophète nous énumère ces actes de turpitude lorsqu’il dit : « Les yeux aussi prennent part à la fornication, et leur part c’est le regard, les oreilles par l’écoute, la langue par les mots, la main par le toucher, les pieds par la marche vers la turpitude, le cœur par le désir puis le sexe vient confirmer ou démentir tout cela. » (Bukhari). C’est une erreur de croire qu’on peut fleureter avec le péché sans y tomber.

Trouver la force intérieure

Comment trouver la force, la volonté et surtout la motivation de mettre une barrière entre la tentation et soi ? Voilà une question pertinente que beaucoup se posent. En réalité, ce n’est pas le simple fait de savoir ou non qu’il s’agit d’un péché, dont le coupable sera un combustible pour l’enfer, qui nous aidera à s’en écarter. Du moins cela ne provoque qu’une peur temporaire dans certains cas ou parfois pire pousse certains au désespoir. Certes la fornication, l’adultère et l’infidélité d’une manière générale sous toutes ses formes restent proscrits et bannis par la foi. Mais le remède ne suffit pas à avoir connaissance du caractère blâmable sinon aucun croyant n’aurait péché. Au-delà de la connaissance de l’interdiction, il faut la force de répondre à l’appel de la raison. Dans son approche éducative des âmes, l’islam trace les grandes lignes de ce qui peut être le remède le plus efficace face à ce fléau. Nous citerons, à ce propos, les recommandations suivantes :

  • Le premier remède demeure le mariage comme le suggère le Prophète lorsqu’il dit : « O vous les jeunes, que celui qui parmi vous en a la possibilité se marie. Si vous ne pouvez pas, trouvez votre force dans le jeûne car il vous aidera mieux à maîtriser votre regard et à préserver votre chasteté » (Bukhari). Il est important de souligner, ici, qu’au lieu de la masturbation c’est plutôt le jeûne qui est la solution !

  • Mettre un frein sur le regard car c’est le début de la route vers le péché et le Seigneur dit dans un hadith divin : « Le regard est une flèche empoisonnée du diable, celui qui le maîtrise par crainte pour moi, je lui donnerai comme récompense une quiétude dont il sentira le goût dans son cœur » (Al Hakim).

  • Choisir ses fréquentations. Il n’y a aucun doute sur le fait que l’ambiance, dans laquelle on évolue, influence beaucoup les décisions que l’on est amené à prendre. Le Prophète dit : « Si vous voulez connaître l’homme regardez sa fréquentation » (Tabarani). Et Allah dit : « Et ne suit point celui dont nous avons rendu son cœur inattentif à notre rappel, qui suit ses passions et dont sa vie n’est qu’excès ». s.18 v.28

  • La lecture coranique. Allah dit: « Lorsque tu lis le Coran, nous mettons entre toi et ceux qui ne croient pas au jour dernier, un voile qui protège ». s.17 v.45

  • Quelques prières au milieu de la nuit contribuent à réveiller les cœurs et fortifier l’intérieur : « Cherchez soutient par l’endurance et la prière ». s.2 v.45

Mais avant tout, il faut se tourner vers son Seigneur. Plus le serviteur se rapproche de lui, plus il trouvera le bonheur qui le défait de tous autres désirs contraire à la rectitude.

Emprisonné pour avoir été chaste !

Chers lecteurs et lectrices, nous ne pouvons évoquer la chasteté et la pureté sans faire référence au récit de notre maître, le messager d’Allah, fils de messager d’Allah, petit fils de messager d’Allah descendant de messagers d’Allah. Ou encore comme aimait le nommer notre maître le prophète Mohamed : le véridique, fils de véridique, petit fils de véridique, descendant de véridiques, Joseph (Youssouf) fils de Jacob fils d’Isac fils d’Abraham. Certes son exemple fut donné dans le Coran comme meilleure parabole pour ceux qui sont encore sensibles à la pureté des relations homme-femme. Nous vous laissons en compagnie de ces versets coraniques relatant l’histoire de notre maître Joseph le véridique dans une sourate coranique qui porte son nom : « Et lorsqu’il eut atteint sa maturité, nous lui accordâmes sagesse et savoir. C’est ainsi que nous récompensons les bienfaisants. Et celle qui l’avait reçu dans sa maison essaya de le séduire. Et elle ferma bien les portes et dit : « Viens, Je suis prête pour toi ». Il dit : « qu’Allah me protège ! C’est mon maître qui m’a accordé un bon asile. Vraiment les injustes ne réussissent pas ». s.12 v.22 et 23

« Et tous deux coururent vers la porte, et elle lui déchira sa tunique par derrière. » v.25

Et face aux principes infaillibles de Joseph, elle s’exclama de désespoir « J’ai essayé de le séduire mais il s’en défendit fermement. Or, s’il ne fait pas ce que je lui commande, il sera très certainement emprisonné et sera certes parmi les humiliés ». v.32

Mais ce dernier dit : « Ô mon seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent. Et si tu n’écartes pas de moi leur ruse, alors, je pencherai vers elles et serai certes du nombre des ignorants » Son seigneur l’exauça donc, et éloigna de lui leur ruse. C’est lui, vraiment, qui est l’Audient et l’Omniscient. Puis, après qu’ils eurent vu les preuves de son innocence, ils leur semblèrent qu’ils devaient l’emprisonner pour un temps ». v.32-35

Puis une dizaine d’années passées en prison, le roi s’adressa aux femmes en ces mots : « Qu’est-ce donc qui vous a poussées à essayer de séduire Joseph ! » Elles dirent : « A Allah ne plaise nous ne connaissons rien de mauvais contre lui ». Et la femme d’Al Aziz dit : « Maintenant la vérité s’est manifestée. C’est moi qui ai voulu le séduire. Et c’est lui, qui est du nombre des véridiques. Cela afin qu’il sache que je ne l’ai pas trahi en son absence, et qu’en vérité, Allah ne guide pas la ruse des traitres. » v.51-52

Chères lectrices, Chers lecteurs, nous espérons qu’à travers ces lignes vous avez pu percevoir la noblesse du message que prône cette religion surtout lorsqu’il s’agit de fidélité, de pudeur, de chasteté, tout simplement quand il s’agit de la droiture.

« Toute personne qui s’abstient face à la fornication par crainte du seigneur sera placée le jour dernier sous l’ombre du trône d’Allah comme guise de récompense » (Bukhari).

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Rencontre chez les Musulmans

Les femmes dans l’Islam

« Les femmes sont égales aux hommes » hadith Dans ce monde actuel, de plus en plus de voix s’élèvent contre l’islam. Cette religion qui aujourd’hui est la cible de multiples critiques et accusations. Les appels qui lui sont lancés pour le respect des droits de l’Homme sont dus essentiellement à la place de la femme, qu’ils jugent inhumaine, et non compatible avec les valeurs de ce siècle. On entend partout que la femme n’a aucun droit dans l’islam, qu’elle a plus de devoirs que l’homme, qu’elle vit dans l’humiliation et la soumission. La femme musulmane serait battue, voilée, lapidée, excisée, lésée dans son héritage, blessée et trahie dans ses sentiments lorsqu’elle subi la polygamie.

Avant d’aller plus loin, il faut rappeler qu’il est essentiel aujourd’hui avant de porter un jugement, de faire la différence entre l’islam, dans sa grandeur et sa pureté, et les musulmans, avec leurs traditions, leurs faiblesses, et leurs manières d’interpréter l’islam. Les musulmans ne sont pas toujours à l’image de l’islam. Ainsi donc tout grief à l’encontre de l’islam est donc de ce point de vue infondé.

Ces accusations au sujet de la femme qu’on entend tous les jours sont très récentes. En effet, au début de l’islam, les notables mecquois justifiaient leur refus de l’islam en disant qu’ils n’accepteraient jamais une foi qui n’est embrassée que par des femmes, des enfants et des esclaves. Avant, ils l’appelaient la religion des femmes, et aujourd’hui la religion des hommes.

Avant ils disaient que c’était une femme qui inspirait le Prophète et lui enseignait des récits anciens, comme le dit le Saint Coran : « Nous savons pertinemment qu’ils disent c’est un mortel qui lui souffle ce qu’il dit ». s.16, v.103 Et lorsqu’on les invitait à la foi ils répondaient « Voulez-vous qu’on croie comme ces faibles d’esprit ? » s.2, v.13, faisant ainsi allusion aux femmes, aux enfants et aux esclaves. Preuve que la situation s’est complètement inversée. Pourtant, il y a une chose qu’ils ne sauraient mettre en cause. Il s’agit d’une réalité historique, qu’aucune langue ne saurait éteindre : la première personne à avoir embrassé l’islam est une femme. En effet, alors que le Prophète revient du mont Hira, où le Coran vient de lui être révélé, sa femme Khadija a immédiatement cru.

Automatiquement, pas par contrainte ou par amour aveugle pour son époux, mais plutôt par conviction. Elle explique au prophète les raisons de sa foi par ces propos : « Tu es un homme véridique dans tes propos, bienfaisant avec ses proches, digne de confiance, autant de qualités qui font que jamais ton Seigneur ne te fera goûter l’humiliation. » (Bukhari) C’est à l’issue de cette discussion que l’ange Jibril est descendu, portant avec lui les premiers versets de la sourate Muddathir, lui disant : « O toi le vêtu d’un manteau, Lèves toi et avertit (ton peuple). Et glorifie ton Seigneur. » s.74 v.1-3

Une manière de lui dire, maintenant que tes arrières sont assurés, protégés par ta femme, maintenant que tu as été fortifié par ton épouse, tu peux te permettre d’inviter les autres à l’islam. « Et glorifie ton Seigneur » pour ses faveurs parmi lesquelles le soutient et l’assistance d’une femme noble, pieuse, fidèle et impliquée dans le message de son compagnon. Et miséricorde à Omar Ibn Al Khatab lorsqu’il dit : « derrière tout grand homme une femme ».

Il suffit tout simplement d’apprendre l’histoire pour savoir que dans l’islam la femme n’a jamais été précédée par l’homme, ni laissée en arrière. Comme lui, elle a cru, immigré en compagnie du prophète lorsqu’il fut victime de l’intolérance de son peuple, la femme a toujours su donner sa part à l’édification et la transmission des valeurs humaines et spirituelles à savoir celles de l’islam. Pour ne citer que quelques exemples, on ne peut exclure Seydatouna Aicha dans la science des hadiths, ni Seydatouna Hafsa dans la récitation coranique, ni Seydatouna Oum Salama dans l’exégèse du Saint Coran.

Chers lectrices et lecteurs, l’égalité entre les hommes constitue l’essence de tout message divinement inspiré et ceci en dépit de leurs races, couleurs, sexes, traditions et coutumes. On peut tout résumer en une phrase : « vous êtes tous issus d’Adam » (Abou Daoud). Face à l’islam, le mérite ne peut venir que de ce qu’on a acquis et la gratitude est l’exclusivité des bienfaisants quelque soit le sexe ou la race ou même le milieu social auquel ils appartiennent. Comme le montre le Coran : « Celui qui fait de bonnes œuvres, homme ou femme, du moment qu’il est croyant, nous lui donnerons la récompense digne de cela » s.16, v.97

Le véritable problème aujourd’hui est l’instrumentalisation que l’on fait sur le sort des femmes et la stigmatisation de certains. J’aimerais souligner ici, à titre personnel, que le combat féministe ne doit pas se concrétiser sous un seul modèle et ne doit pas devenir discriminatoire en excluant certaines femmes tout simplement parce qu’elles se revendiquent de tel ou tel courant idéologique, religieux ou culturel. Pour être féministe et défendre le sort des femmes dans les sociétés, on n’a pas besoin de se défaire de son identité et de sa foi.

La situation devient plus étonnante encore lorsque des voix s’élèvent pour parler au nom des musulmanes, voire leur imposer la manière dont elles doivent vivre leurs propres choix. L’heure n’est plus aujourd’hui à la colonisation des esprits ou la diabolisation des différences. Agissons. Unissons nous où que nous soyons afin de mettre fin aux injustices faites aux femmes. Rejoignons notre force à celle de l’islam pour dire à qui veut l’entendre : « Les croyants et croyantes sont tous des alliés. » s.9, v.71 , « Vous tous hommes et femmes êtes pareils aux yeux de votre Seigneur » s.3, v.195 , « elles ont autant de droits qu’elles ont de devoirs » s.2, v.228 « Comportez vous convenablement envers elles; et si vous avez de l'aversion pour elles, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose où Dieu vous fasse grand bien. ».s.4, v.19. Ou encore « le plus noble auprès d’Allah reste le plus pieux » s.49, v.13. C’est cela, l’islam de l’égalité entre les peuples, races et sexes. Pour conclure sur ces versets, celui de la sourate Ahzab doit faire réfléchir : « Les soumis hommes et femmes, les dévoués hommes et femmes, les véridiques hommes et femmes, les endurants hommes et femmes, les pieux hommes et femmes, les bienfaisants hommes et femmes, ceux qui jeûnent hommes et femmes, les chastes hommes et femmes, ceux qui invoquent leur Seigneur, hommes et femmes ». s.33, v.35

Allah a pris soin de citer ses serviteurs à la fois au masculin et au féminin, pour faire tomber les tentatives de ceux qui pensent que le spirituel et le moral sont une exclusivité masculine. Malheureusement personne ne nuit à l’islam plus que les musulmans. Ceux qui pour asseoir leur domination sur la femme sont prêt à instrumentaliser la religion parfois sous prétexte qu’elle est « une perle qu’il faut préserver », et en choisissant de chosifier la femme ils oublient la parole du Prophète, qui s’est adressé aux croyants peu avant sa mort, lors du dernier pèlerinage : « Ô peuple! En vérité vos femmes ont des droits sur vous. Assurez-leur le meilleur traitement, vous les avez comme dépôt de la part de Dieu et vous avez pris possession d’elles par des paroles divines. Craignez donc Dieu en ce qui concerne les épouses et je vous ordonne de bien les traiter. » (Muslim)

En ce qui concerne l’héritage de la femme en islam, il est assez répandu dans les langues des uns et des autres que celles-ci ne prendrait que la moitié de l’homme. Cette accusation est infondée car en nous plongeant dans le droit islamique on se rend compte de la réalité suivante :

  • Il y a trente quatre cas dans lesquels dans l’héritage la femme se retrouve au milieu d’hommes.

  • On note quatre cas dans lesquels la femme hérite la moitié de l’homme.

  • Cinq cas dans lesquels la femme hérite et l’homme n’hérite rien.

  • Onze cas dans lesquels ils héritent au même niveau.

  • et quatorze cas dans lesquels la femme hérite plus que l’homme.

On voit difficilement où peut se trouver l’injustice ici. Quant à la polygamie, l’islam ne l’impose pas, ne l’ordonne pas et qu’il soit clair, il ne la recommande pas mais laisse à tout un chacun le libre choix d’être polygame ou non selon les cultures et civilisations et besoins. Toutefois, Allah dit : « Si vous pensez ne pas être équitable, alors tenez vous en a une seule » s.4, v.3

Parfois, à tort on justifie certaines pratiques coutumières par l’islam comme c’est le cas de l’excision. Il est bon à savoir que le prophète n’a excisé aucune de ses filles, et aucune de ses femmes ne l’a été d’ailleurs comme le souligne Omar : « Nous la tribu de Quraich, nous ne connaissons pas l’excision ».

Juger une chose sans la connaître est pur égarement. Diaboliser ce qui déjà nous fait peur ne nous guérit pas. Il ne faut pas faire de nos différences une division. Face à la diversité le dialogue s’impose. Les hommes vivront en paix le jour où ils saisiront la divine parole : « Ô vous les hommes nous vous avons créés à partir d’un homme et d’une femme, nous avons fait de vous des peuples et tribus différents afin que vous vous entre connaissez. ». s.49, v.13

Lucie Dupuis

il y a un mois

Rencontre chez les Musulmans

Approcher une femme déjà fiancée

L’interdiction pour tout croyant de faire des avances ou d’approcher une femme déjà fiancée en vue d’un mariage, relève d’un consensus juridique entre les différentes écoles. Elles se référent aux multiples sources dans lesquelles notre maître le prophète, paix et salut sur lui, interdit formellement à tout croyant de faire des avances à une femme déjà fiancée à un autre. (Bukhari, Muslim entre autre).

Mohamed Dahab

il y a un mois

Rencontre chez les Musulmans

Un homme qui serre la main aux femmes

Le fait pour un homme de serrer la main à une femme qui lui est étrangère suscite des divergences au sein des savants musulmans certains le rejettent tandis que d’autres l’acceptent. Vu la sensibilité de cette question nous allons ramener les preuves de chacune des deux parties.

1. Les arguments de ceux qui le réfutent :

  • Le hadith rapporté par Ahmad, An-Nassâ’î , par Ibn Mâjah dans lequel notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, dit : « Certes, moi je ne serre pas la main aux femmes. ».

  • Celui rapporté par Bukhari et Muslim où Le Prophète (pssl) dit : « Chaque enfant d’Adam a une part de fornication dans laquelle il doit nécessairement tomber :… la main dont sa fornication est le toucher…, et tout cela est confirmé ou infirmé par le sexe. ».

  • Celui rapporté par Muslim selon notre mère Aicha (qu’Allah l’agrée) qui dit : « Je jure par Allah! La main d’une femme n’a jamais touché la main du messager d’Allah, Il prenait plutôt le serment d’allégeance des femmes verbalement. ».

  • Le hadith rapporté par Tabarani D’après Seyidna Ma`qil Ibn Yasâr, selon qui notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, dit : « Mieux vaut pour l’un d’entre vous de se voir planter une aiguille en fer dans la tête que de toucher une femme qui lui est interdite. ».

  • Toutes ces sources ont conduit certains à considérer le fait de serrer la main d’une femme étrangère comme étant proscrit.

2. Les arguments de ceux qui ne le bannissent pas :

D’autres savants affirment totalement le contraire et expliquent les sources prophétiques ci-dessus par une autre approche.

  • Par rapport au hadith a), ils disent que le Prophète (pssl) a utilisé le terme « إني » qui signifie « Certes, moi », ce qui est une tawkid qui démontre que le fait de ne pas serrer la main des femmes lui est une exclusivité qui ne concerne pas les autres musulmans. Comme lorsqu’ il est arrivé lors de l’hégire vers Médine, le compagnon Abou Bakr emmena deux montures qui lui appartenait et présenta la meilleure à notre maître qui lui répondit : « Certes, moi je ne monte pas un chameau qui ne m'appartient pas », et Abu Bakr répondit « Ô Messager d’Allah, je t’en fais cadeaux », Notre Maître, paix et salut sur lui, lui dit : « Plutôt vend le moi et je te payerai plus tard ».

    Ici en analysant les deux phrases on voit la similitude :

    « Certes, moi Je ne serre pas la main aux femmes. »

    « Certes, moi Je ne monte pas un chameau qui ne m'appartient pas. »

    On retrouve dans les deux phrases le même terme « إني » : « Certes, moi » pourtant tous les ouléma s’accordent sur le fait qu’il n’est nullement interdit de monter une monture qui ne nous appartient pas, cela fait parti plutôt de ce qu’on appelle « les exclusivités prophétiques ». Pourquoi donc faire la différence avec le fait de serrer la main aux femmes. D’autant plus que le hadith c) d’Aicha illustre aussi le cas d’exception du Prophète (pssl).

  • Concernant le hadith b) où il est dit que la main fornique par le touché, il est très important de prendre en considération les réalités linguistiques car dans le vocabulaire islamique le verbe « toucher » est utilisé pour désigner pudiquement l’acte sexuel, et ceci dans les versets coraniques et hadith prophétique, comme cela est rapporté dans le commentaire de Seyidn a Ibn `Abbâs de la formule coranique : « ou si vous avez touché les femmes ». Ibn `Abbâs dit en effet : « Toucher une femme », dans le Coran cela signifie avoir un rapport sexuel avec elle. L’examen des versets coraniques où figurent cette expression confirme manifestement cette interprétation : « Elle dit : Seigneur ! Comment aurais-je un enfant, alors qu’aucun homme ne m’a touchée ?" » s.19 v20; « Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées. » s.2 v237.

    Dans ce hadith, il n’est donc nullement question du fait de serrer la main d’une femme mais plutôt de caresser et de s’adonner aux préliminaires par le toucher en vue du péché. D’ailleurs on note à la fin du hadith b) : « et tout cela est confirmé ou infirmé par le sexe ». C’est aussi le cas pour le hadith d).

En ce qui nous concerne nous adoptons la vision du deuxième groupe d’ouléma qui ne voit nullement le mal à serrer la main aux femmes lorsqu’il n’est nullement mal intentionné.

Mickael Sall

il y a un mois