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Le Coran à travers le temps
Sheikh Ahmad Mustapha Mbaye
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Le Coran est la parole d’Allah révélée à son Noble sceau de la prophétie, notre bien-aimé Mohamed. Malheureusement, beaucoup par leur ignorance de l’histoire du Saint Coran s’interrogent sur son authenticité, prétextant qu’il n’a jamais été écrit à l’époque du Prophète mais plutôt par le troisième calife Uthman qui ne se serait pas gêné pour y apporter des changements. Pour couper court à ces allégations, nous allons, grâce à cet article et si Dieu le veut, retracer le voyage du Coran à travers le temps et l’espace, en espérant ainsi éclairer nos fidèles lectrices et lecteurs.

Allah dit dans le Noble Coran « Et ceux qui ne croient pas disent : Pourquoi n'a-t-on pas fait descendre sur lui le Coran en une seule fois ? Nous l'avons révélé ainsi pour raffermir ton cœur. Et Nous l'avons récité soigneusement » (25:32). Ce verset met en lumière une réalité fondamentale, à savoir que le Coran n’a pas été descendu en une seule fois mais plutôt en vingt-trois années, car il descendait par rapport aux faits et aux chroniques qui eurent lieu à son époque. Et parfois il descendait pour répondre aux interrogations des uns et des autres. D’ailleurs, l’expression « ils t’interrogent alors dit leurs… » est répétée douze fois dans le Coran. Tout ceci montre que la descente du Coran en plus de deux décennies a permis aux peuples de l’époque de mieux vivre les enseignements de ce dernier : « Nous l'avons révélé ainsi pour raffermir ton cœur. Et Nous l'avons récité soigneusement ».

Le Prophète, quant à lui, ordonnait à ses compagnons de mémoriser les versets dès leur descente et disposait d’un groupe de scribes chargé de mettre en écrit les versets au fur et à mesure de leur révélation. Les plus célèbres parmi ces scribes furent : les quatre califes, Mua'wiya Ibn Abi Soufiane, Aban Ibn Sa'id, Khalid Ibn Elwalid, Abi Ibn Ka'b, Zayd Ibn Thabit, Thabit Ibn Qayss parmi de nombreux autres. Le Prophète leur indiquait l'emplacement de chaque verset et la sourate à laquelle il fallait l’affilier. Pour ce projet de transcription écrite du Coran, les compagnons disposaient comme support de pierres aplaties, de peaux de bêtes, des parchemins ou encore d’omoplates de chameaux. Puis chaque scribe gardait ses écrits en sureté. Certes le Coran ne pouvait pas être à cette époque réuni en un seul livre, pour la simple et bonne raison qu’un verset pouvait encore être révélé n’importe quand et dans n’importe quelle sourate, et ceci durant vingt-trois ans. A ce sujet, l’imam as-Suyuti dit: « Le Coran n'a pas été rassemblé à cette époque, car on s’attendait à de nouvelles descentes. Mais après la mort du Prophète, la révélation fut achevée. Donc les califes bien guidés eurent l'idée de le rassembler et de l'ordonner dans un livre dans les meilleures conditions ».

Et il faut savoir que de toutes manières, les dignitaires musulmans mémorisent totalement et parfaitement le Coran et ceci depuis l’aube de l’islam car encouragés par la parole prophétique « les meilleurs de ma communauté sont ceux qui mémorisent le Coran » (Bayhaqi), et, à ce titre, le verset qui dit « Il (le Coran) consiste plutôt en des versets évidents, préservés dans les poitrines de ceux à qui le savoir a été donné. Et seuls les injustes renient Nos versets » (29:49) prend tout son sens.

En retraçant l’Histoire, il apparaît très clairement trois étapes déterminantes dans la transmission écrite du Coran. La première étape remonte à l’époque du Prophète, qui veillait personnellement à ce que ses compagnons mémorisent chaque verset lors de leur révélation. A ce propos, il leur disait : « Les meilleurs de ma communauté sont les mémorisateurs du Coran » (Bayhaqi). Il pouvait compter également sur des scribes, parmi lesquels les quatre califes, qui prenaient soin d’écrire les versets. Ensuite le Prophète s’assurait de l’authenticité des écrits, les corrigeait, le cas-échéant, et les expliquait. Puis ces manuscrits étaient confiés aux compagnons, qui maîtrisaient le mieux le Coran tel que Zayd, Obay, Ibn Massoud, entre autres, et ceci jusqu’à la mort du Prophète en 632.

La deuxième étape est marquée par le décret en 633 d’Abou Bakr (premier calife après la mort du Prophète), qui, sous les conseils d’Omar, a décidé de regrouper tous les manuscrits ratifiés par le Prophète en personne, et de les faire conserver par les scribes dans une seule pièce pour éviter que les manuscrits ne se perdent à la mort de ces derniers.

A l’époque du troisième calife, Othman Ibn ‘Affan, après la deuxième ou la troisième année de son califat et pendant la conquête de l’Arménie et l’Azerbaïdjan (qui regroupa les musulmans de plusieurs contrées notamment de la Syrie et de l'Irak), les compagnons spécialistes du Coran ont remarqué des discordes sur la vocalisation au sein de la nouvelle génération de musulmans. Sur les conseils de Houzayfa ibn al Yaman, le calife Uthman prit la décision de globaliser et de faciliter l’accès aux manuscrits coraniques en faisant neuf copies du manuscrit d’origine en la possession de la sainte Hafsa. Ces écrits collectés sur des supports divers (peaux de chameaux, omoplates d’animaux, tablettes…) ont été rassemblés dans un seul et unique livre, de façon contemporaine, puis copiés en neuf exemplaires et expédiés vers toutes les grandes contrées du monde musulman de l’époque. Le calife Uthman choisit quatre grandes figures parmi les compagnons, à savoir: Zayd Ibn Thabit, Abdallah Ibn Alzoubayr, Saa'd Ibn A'ss et Abdrahmane Ibn Harith Ibn Hachim pour concrétiser ce projet tout en prenant compte des différents lectionnaires.

Il est vrai qu’Uthman a ordonné la destruction de copies du Coran non-conformes à l’original. Ceci suite à des divergences entre les nouveaux peuples convertis, qui vocalisaient le Coran à leur manière, sans prendre en compte certaines règles de psalmodie et de lecture dont ils n’avaient pas connaissance en tant que convertis et non arabes. Ceci étant dit, ces différents stades d’évolution de la forme manuscrite du Coran n’influent en rien sur la transmission orale, égale à elle-même d’hier à nos jours. Une transmission qui se perpétue encore et encore, profondément ancrée dans la tradition. Gloire à Allah, le seul à accomplir un tel miracle: « Ceux qui ne croient pas au Coran lorsqu’il leur est parvenu, qu’ils sachent que c’est un livre inattaquable ; le faux ne l’atteint d’aucune part, ni par devant ni par derrière car c’est une révélation émanant d’un sage digne de louanges » (41:41-42).

Les points et la vocalisation

Lorsque Uthman ordonna de publier le Coran à grande échelle, l’écriture ne comportait ni point ni accent, et cela a duré des siècles. Jusqu'à ce que la communauté musulmane non arabe soit devenue très importante et qu’elle ait du mal avec la lecture sans point ni accent. Aba Aswad Al Dualli fut chargé de trouver une solution pour faire face à cette nouvelle difficulté. Au début il fut hésitant mais lorsqu’il entendit une personne changer involontairement une voyelle, ce qui eut une grande incidence sur le sens, il finit par se décider. Il commença la vocalisation du Coran et au fur et à mesure ces règles ont subi des améliorations jusqu'à devenir ce qu’elles sont aujourd’hui. Les points qui différenciaient les lettres semblables dans l'écriture ont été l’œuvre de Nasr Ibn A'as et Yahya Yaa'mar. Plus tard, le roi Abd Malik Ibn Maroine chargea Hajaj Ibn Youssef (Émir d'Irak) de désigner un comité de deux savants spécialistes dans la langue arabe pour améliorer le travail d’Abi Aswad Al Dualli.

A l’époque des abbassides, Khalil Ibn Ahmed Albasri créa l’amélioration suivante pour la vocalisation :

  • Le son A (َ--): c'est un petit « alif » allongé au-dessus de la lettre.

  • Le son o (ُ--): c'est un petit « waw » au-dessus de la lettre.

  • Le son i : c'est un petit « alif » allongé en-dessous de la lettre.

  • C'est un petit « sinn » (-ّ-) allongé au-dessus de la lettre.

  • C'est le signe de la lettre « kha » (-ْ-) la lettre muette.

  • Et d'autres comme « l'ichmam » et « le rawm ».

Tout cela a permis la mémorisation du Coran sans fautes et de la manière la plus facile. Puis, afin de partager le Coran, les savants ont commencé à mettre trois points à la fin de chaque verset, puis de mettre le terme « cinq » tous les cinq versets, puis le mot « dix » tous les dix versets, avant d’intégrer les noms des sourates et leurs qualificatifs mequoise ou médinoise. Puis certains oulémas ont divisé le Coran en trente parties « juz » contenant deux « hizb ». Et chaque hizb est divisé en quatre parties nommé « rubua' ».

Chers lectrices et lecteurs, nous espérons qu’à l’issue de cet article vous pourrez admirer avec nous les efforts que nos prédécesseurs ont fourni afin de nous transmettre la parole de notre Seigneur de la manière la plus accessible et la plus facile.

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Suggestions

Le Coran

Les mérites du Coran

Il est indéniable que le Coran occupe une place centrale dans la vie du musulman. D’abord parce qu’il le récite au minimum 17 fois par jour lors des raka’ât des 5 prières journalières mais aussi parce qu’il forme avec la tradition prophétique (sunna) la source principale en Islam d’un point de vue juridique, moral et spirituel. Dans la surat Al Nahl, Allah définit ce qu’est le Coran et le but de sa révélation : « Et nous avons fait descendre sur toi le livre comme exposé explicite (tibyane) de toutes choses, une guidée, une miséricorde et une bonne annonce pour les musulmans ». Malheureusement, nous vivons une ère marquée par l’ignorance et l’absence de sacralité dans la vie de tout un chacun et le traitement réservé au Noble Coran en est l’un des signes les plus flagrants. En effet aujourd’hui, il n’est plus qu’un décor dans les bibliothèques, on le met en porte-clés ou pendentif, en sonnerie téléphonique, on jure par lui à tort et à travers pour tout et n’importe quoi, et on minimise même ceux qui ont choisi de prendre le temps de l’apprendre et le réciter, oubliant la parole du Prophète paix et salut sur lui : « Le mérite de la parole d’Allah sur toute autre parole est semblable au mérite d’Allah sur toute autre créature ».

Nous espérons par cet article sensibiliser nos lecteurs sur la réelle valeur du Noble Coran et sur le respect à témoigner envers ce Saint Livre qui depuis l’aube de l’islam, n’a cessé de questionner les esprits et de « mouiller les langues » de ses amoureux d’ici et d’ailleurs, de tout âge, couleurs et mouvance.

Les mérites du Coran

Qui mieux qu’un amoureux du Noble Coran pourrait vanter ses mérites et bienfaits ? C’est pour cela qu’une nouvelle fois l’imam Ibn al Jazari, ce personnage incontournable des différentes sciences coraniques, sera mis à l’honneur. Dans son recueil Tayibatu-n-nashr fi-l-qira’ati-l-`ashr qui résume les règles relatives aux Lectures coraniques majeures, il débute par un hommage au Livre Saint dont voici la traduction :

  • L’Homme ne peut acquérir de noblesse qu’en ce qu’il a mémorisé et compris,

  • C’est pour cela que les détenteurs du Coran sont les Notables de la communauté, les Hommes de l’excellence.

  • Parmi les Hommes, Ils sont les partisans d’Allah, et notre Seigneur se vante d’eux.

  • Il dit dans le Coran de nombreuses choses à leur sujet, mais il leurs suffit comme honneur de savoir qu’Il en a fait hériter Ses élus.

  • Le Coran est au jour du jugement un intercesseur sollicité et sa parole sera entendue.

  • Son détenteur recevra grâce à lui la royauté et l’éternité lorsqu’on le coiffera de la couronne de l’honneur.

  • Il lit et gravit les degrés du paradis, et ses deux parents sont vêtus des plus beaux habits grâce à lui (le coran).

  • Que le bienheureux s’applique alors à l’obtenir, et qu’il ne se lasse jamais de le réciter

  • Qu’il s’y évertue et s’y perfectionne selon ce qui a été rapporté.

Lorsqu’on observe de plus près ces poèmes, on remarque que chaque bienfait cité est inspiré d’un verset du Saint Coran ou d’un hadith du Prophète, paix et salut sur lui. Ibn al Jazari débute par une parole digne d’être retenue par la postérité : « L’Homme ne peut acquérir de noblesse qu’en ce qu’il a mémorisé et compris ». En effet, la vraie noblesse ne vient guère des biens que l’on possède ou du rang que l’on occupe auprès des Hommes. C’est plutôt ce qui nous anime, notre morale, nos principes, ce que nous avons appris et assimilé. On comprend dès lors la sagesse dont fait preuve Ibn al Jazari lorsqu’il poursuit en disant: « C’est pourquoi les détenteurs du Coran sont les Nobles de la communauté, les Hommes de l’excellence ». En effet, y a t-il meilleur que la parole d’Allah ? Si l’on doit respecter l’Homme selon ses acquis, alors quelle estime avoir pour celui qui a fait du Noble Coran son acquis et ses valeurs ? C’est ici un vrai appel aux priorités, à l’amour et au respect des « coranophiles » et du Saint Coran que lance Ibn al Jazari, mentionnant ainsi un hadith du Prophète, paix et salut sur lui: « les plus nobles de ma communauté sont ceux qui portent en eux le Saint Coran ».

«Parmi les Hommes, ils sont les partisans d’Allah, et notre Seigneur se vante d’eux »

Ce vers fait référence au hadith rapporté par Anas ibn Malik qui dit : « le Prophète, paix et salut sur lui, nous dit : « Dieu a de la famille sur terre (des partisans) ». Nous demandâmes alors qui ils étaient et il répondit : « les gens du Coran sont la famille d’Allah et ses intimes. ». C’est un symbole fort qui est utilisé ici par notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, pour nous expliquer ce que représente pour Allah ceux qui mémorisent, récitent et calquent leur vie sur Sa parole. Le lien familial est l’un des plus forts qui puisse unir des êtres. On aime sa famille plus que tout et voir le mal, quel qui soit, toucher l’un de nos proches nous affecte. Que penser alors de ceux qu’Allah a considéré comme Sa famille et Ses intimes?

«… mais il leurs suffit comme honneur de savoir qu’Il en a fait hériter Ses élus. »

Ibn al Jazari fait allusion ici au verset 32 de la sourate Fâtir: « Puis Nous avons fait héritier du Livre ceux que Nous avons élus de Nos serviteurs. Parmi eux, il en est qui se font du tort à eux-mêmes. D'autres qui suivent une voie moyenne. Puis d'autres qui, par la permission d’Allah, concourent vers le bien. Et voici la plus grande des grâces »

Ce verset évoque la fierté de ceux qui ont mémorisé le Coran et le mettent en pratique tout les jours : ils sont les élus d’Allah, ceux qui ont été choisis pour présenter le Noble Coran - le lire, le réciter et le mémoriser - et pour le représenter, c’est-à-dire le mettre en pratique, à l’image de la parole de notre mère Aicha que Dieu l’agrée, qui parlait du Prophète en ces mots : « c’était un Coran qui marche ». Le verset suivant nous informe de l’avenir des Hommes du Coran : « Ils entreront aux jardins d'Éden où ils seront parés de bracelets d'or et de perles et vêtus de soie. ». Qu’ils se soient fait du tort à eux-mêmes ou qu’ils aient été exemplaires dans ce bas monde, Allah promet le paradis aux détenteurs du Coran. Ces versets nous montrent l’étendue de la grandeur du Noble Coran : une miséricorde et un secours pour tous ceux qui s’en approchent.

« Le Coran est au jour du jugement un intercesseur sollicité et sa parole sera entendue. »

Le Prophète dit dans un hadith : « le Coran est un intercesseur agréé et un avocat écouté, celui qui le met devant lui tel un guide se retrouvera au paradis, celui qui le laisse derrière lui il le poussera en enfer » (al Bayhaqi). Il nous est rapporté que le Jour du jugement, le Noble Coran viendra intercéder en faveur de ces lecteurs et mémorisateurs et ceci sans pour autant avoir été sollicité au préalable. C’est ainsi que le Prophète paix et salut sur lui nous enseigne par exemple que les sourates Baqara et Ali Imran viendront défendre la cause de ceux qui les mémorisent sous forme d’hommes lumineux. Il dit : « lisez le coran car il viendra le jour de la résurrection intercéder en faveur de ses lecteurs » et dans une version il rajoute : « sera en tête des interssédeurs la sourate Al Baqara et Ali Imran ».

« Son détenteur recevra grâce à lui la royauté et l’éternité lorsqu’on lui fera porter la couronne de l’honneur. »

Le Prophète paix et salut sur lui dit dans un hadith : « L’intime du Coran sera appelé le Jour du Jugement et le Noble Coran dira : « Seigneur facilite lui », on le coiffera alors de la couronne de l’honneur. Le Noble Coran dira alors : « Seigneur augmente lui ! », et on l’habillera de vêtements de noble. Puis le Noble Coran dira : « Seigneur soit satisfait de lui », et Allah sera satisfait de lui. On lui dira alors : « Lis. A chaque verset que tu liras, on te rajoutera des bonnes actions. » (Tirmidhi)

Il nous est relaté dans un hadith, que le dernier habitant de l’enfer entrera au paradis et aura pour lui un royaume dix fois plus grand que les cieux et la terre réunis et l’ombre d’un arbre de son paradis équivaut à mille ans de marche. Ce qu’il faut saisir de ces hadiths c’est que l’Homme du Coran est le plus digne face au Seigneur. Il est récompensé pour avoir dans sa vie consacré du temps au Noble Coran et Allah, par « la couronne de l’honneur », nous montre qu’il est pour Lui le plus méritant. Et « l’éternité et le royaume » lui sont octroyés sans être précédés d’un passage par la « case enfer ». Chers lecteurs, tout Homme vivra l’éternité, demandons nous alors laquelle voulons nous vivre ? Ceci nous rappelle la parole d’un grand sage soufi qui disait « le paradis de la honte ne m’intéresse pas » faisant ainsi allusion aux Hommes qui n’entrent pas au paradis par l’agrément de leur Seigneur, mais qu’après un passage par la demeure de la honte afin d’y être purifiés…

« Il lit et gravit les degrés du paradis, et ses deux parents sont vêtus des plus beaux habits grâce à lui. »

« Au jour du jugement, on dira au détenteur du Coran lis et monte par ta lecture, et récite comme tu le faisait dans le bas monde, et ta demeure coïncidera au dernier verset que tu récitera. » (Ahmad). Saydah Aicha, que Dieu l’agrée, explique ce hadith et nous fait savoir que les degrés du paradis sont équivalents au nombre de verset du Saint Coran, c’est donc à la plus haute station du paradis que se retrouverons les Hommes du Coran. La deuxième partie du vers est en relation avec la parole prophétique suivante : « Quiconque étudie le Coran et en applique les préceptes verra ses parents, le Jour de la Résurrection, coiffés d'une couronne plus éblouissante que la lumière du soleil dans les maisons du bas monde. Si telle est la récompense réservée aux parents, imaginez quelle sera celle qu’aura celui qui, en plus de l'étude du Coran, en applique les préceptes. » (Abou Daoud). Voilà bien un hadith porteur d’espoir pour tous ceux qui ont choisi la voie du Coran pour eux même ou leurs enfants. Cependant à notre époque et surtout en France, beaucoup de parents mettent de côté l’apprentissage du Saint Coran à leurs enfants et vont même jusqu’à se justifier en disant que « le Coran n’apporte pas la subsistance ». Il est clair qu’une telle vision des choses est signe d’une dégradation dans la pratique et la compréhension des préceptes de l’islam de certains de nos confrères. Mais la meilleure manière de répondre à de tels arguments reste d’appliquer au quotidien la célèbre sagesse coranique : « A vous votre religion et à moi la mienne ». (109:6)

« Que le bienheureux s’applique alors à l’obtenir, et qu’il ne se lasse jamais de le réciter. Qu’il s’y évertue et s’y perfectionne selon ce qui a été rapporté. »

Après cette lumineuse énumération, les deux dernières phrases d’Ibn al Jazari sonnent comme une exhortation et nous font revenir à la réalité. Certes les bienfaits et mérites du Noble Coran et de ses détenteurs sont innombrables mais ils se méritent. Et si on devait résumer ces deux derniers vers par un mot, ce serait certainement « effort » qu’il faudrait choisir. Seul l’effort et la persévérance comptent dans une entreprise d’acquisition du Saint Coran, sans oublier pour autant que la quantité ne prime jamais sur la qualité et la pérennité des efforts fournis. Chers internautes, l’apprentissage du Noble Coran et de ses différentes Lectures est certainement l’une des plus grandes sunna qui puisse être appliquée. Notre bien-aimé maître Muhammad, paix et salut sur lui disait : « Le serviteur ne peut se rapprocher de son Seigneur par un meilleur moyen que ce qui émane de lui ». En effet, comment pourrions-nous aspirer à une élévation spirituelle, une réforme morale et à l’agrément du Divin sans un retour à la source essentielle, Sa parole ?

Nous espérons avoir permis à tous nos lecteurs de réaliser l’honneur qui a été fait à l’Homme lorsqu’un jour, dans une petite grotte de la péninsule arabique, le Seigneur des mondes s’est manifesté à la meilleure des créatures qui ait foulé notre terre et lui a tenu ces mots : « Lis au nom de ton Seigneur qui à crée. Il a créé l’Homme d’une goutte de sang. Lis ton Seigneur est le plus Noble. C’est Lui qui a enseigné avec la plume. Il a enseigné à l’Homme ce qu’il ignorait » (96:1-5)

Yassine Mezouar

il y a 3 mois

Le Coran

Les piliers de la Tajwîd

« Celui qui excelle dans la lecture du Coran sera en compagnie des plus nobles anges rapprochés, quant à celui qui lit le coran en persévérant alors qu’il en éprouve une grande difficulté, il sera doublement récompensé. » (Bukhari)

C’est cette noble parole du prophète qui illustre le mieux l’importance de la bonne pratique de la tajwid, cet art qui consiste à vocaliser le Saint Coran de la meilleure des manières, en d’autre termes, le lire comme Allah l’a révélé et comme son prophète puis ses compagnons l’ont transmis. Cependant, à l’heure actuelle nombreux sont ceux qui dans leurs recherches de la bonne récitation s’attardent plus sur la beauté de leurs voix transformant ainsi la lecture du Noble Coran en un exercice de chant plus qu’autre chose. Cet article à pour vocation première de sensibiliser nos lecteurs sur la bonne pratique de cette discipline qui, comme tous les arts, a des règles strictes, une technique et des piliers fondamentaux dont la connaissance et l’application permettent d’exceller dans son accomplissement.

Les cinq piliers du lecteur

Lorsque l’on se lance dans la science de la tajwid, il est impossible de passer à côté d’Ibn al Jazari (cf grandes figures de l’islam), ce grand personnage qui a laissé une marque indélébile dans l’histoire des sciences coraniques. Dans l’un de ses nombreux ouvrages, le matn al Jazariya, il débute par quelques vers très connus de ceux qui s’intéressent de près à la tajwid résumant les piliers de la lecture coranique en cinq points qui consistent en :

  1. La parfaite connaissance des points de sortie des lettres (makhârij al hurûf)

    Ce sont tout simplement les lieux d’articulations des lettres de la langue arabe. En effet, chaque lettre sort d’un lieu spécifique de la bouche et la gorge. La maîtrise de ce premier point permet de se défaire de la difficulté que beaucoup éprouvent quand il s’agit de faire la différence entre les lettres qui se ressemblent et dont les points de sortie se rapprochent. Pour illustrer, on peut donner comme exemple les lettres Qaf et le Kaf ou encore le Dhal et le Zay, etc. ibn Al Jazari dans ses divers ouvrages relatifs à la tajwid a dénombré les différents points de sortie des lettres en 17.

  2. Les caractéristiques des lettres (Sifât al hurûf)

    En effet, connaître le bon endroit où s’articule la lettre ne suffit pas à sa bonne prononciation car chaque lettre a ce que l’on pourrait appeler une « identité ». Est-ce une lettre amplifiée ou non ? Comment doit-on la prononcer lorsqu’elle porte telle ou telle voyelle ? Est-ce ou non une lettre sifflée ? Fait-elle partie des lettres sur lesquelles on applique la règle du qalqala ? Il faut savoir que deux lettres peuvent sortir du même lieu d’articulation mais différer sur leurs Sifât qui font leur singularité. On peut donner comme exemple les lettres Ba et Mim qui sortent toutes les deux des lèvres mais leur différence réside dans la Sifat de qalqala du Ba et le hams du Mim. Dans un prochain article, si Dieu le veut, nous nous attacherons à expliquer en détail la terminologie de chaque Sifat. Cependant, il faut savoir qu’une lettre peut accumuler jusqu’à 7 caractéristiques (Sifât) différentes.

  3. Connaître les ahkams (règles) de la lecture

    Il faut comprendre par là connaître et appliquer les règles de lecture des mots coraniques, car il existe une différence entre lire l’arabe et lire le Coran. En effet la lecture coranique est soumise à des règles strictes qui nous viennent de la récitation du prophète lui même. Il est question ici non seulement du respect des deux points précédents mais aussi de l’ensemble des règles de lecture comme par exemple la prolongation des voyelles longues (mudûd), la nasalisation (ghunna), les farch ou encore toutes les règles propres à chacune des Dix Lectures comme les inflexions vocaliques (imâla) pour ne citer que celle-ci. On ne peut pas s’adonner à la lecture du Saint Coran comme on lirait un journal ou un livre écrit en arabe.

  4. Respecter les arrêts dans le Coran

    Il est malheureusement l’un des piliers de la tajwid les moins appliqués et pourtant l’un des plus important car comme le dit l’imam Dani : « celui qui ne connaît pas la science des arrêts et des reprises ne fait pas partie des Qura (lecteurs spécialistes) ». La connaissance des arrêts et reprises lors de la lecture du coran (en arabe, waqf wa ibtida) est une vraie science à elle seule. En effet un mauvais arrêt ou une mauvaise reprise lors de la lecture d’un verset (à cause du manque de souffle) peuvent dénaturer et changer le sens d’un verset et lui donner parfois une signification contraire au sens initial. Par exemple le verset 116 de la sourate 2, Allah dit : « Et ils ont dit : Dieu s'est donné un fils Gloire à Lui » En lisant ce verset, on peut être tenté de croire que les non croyants ont dit : Dieu s'est donné un fils Gloire à Lui. Alors qu’en réalité ils ont dit : « Dieu s'est donné un fils » et Allah leur répond en disant : « Gloire à Lui ». Donc marquer un arrêt dans la lecture fera office de ponctuation vocalique et à l’écrit, on pourra le transcrire de cette manière : « Et ils ont dit : Dieu s'est donné un fils ! Gloire à Lui !» avec un point d’exclamation. De la même manière un bon arrêt peut apporter une autre compréhension du verset sans pour autant altérer son sens général et parfois même l’embellir. Exemple le verset 29 de la sourate 55 où Allah dit : « Ceux qui sont dans les cieux et la terre L'implorent chaque jour Il accomplit une œuvre nouvelle ». Dans ce verset, en changeant la ponctuation, on peut changer le sens qui reste tout à fait juste dans tous les cas. On peut alors dire : « Ceux qui sont dans les cieux et la terre L'implorent chaque jour » puis la suite : « Il accomplit une œuvre nouvelle ». On peut aussi considérer le sens comme suivant : « Ceux qui sont dans les cieux et la terre L'implorent » et la suite : « chaque jour Il accomplit une œuvre nouvelle ». Cette nuance ne se voit qu’à l’oral, mais à l’écrit, il suffit tout simplement de mettre la ponctuation là où il faut. Vous voyez donc bien l’importance de connaître quand on lit le coran là où il incombe de s’arrêter ou pas.

  5. Connaître l’écriture coranique

    Le Coran nous est parvenu de deux manières distinctes : par voix orale (le prophète récitait et ses compagnons répétaient ce qu’il disait et étaient corrigés sur leur lecture), mais aussi par transcription écrite. La manière d’écrire le coran diffère des méthodes de transcription écrite de la langue arabe. C’est pour cela que savoir écrire l’arabe ne permet pas d’écrire comme le prophète nous l’a ordonné d’où l’importance de maîtriser ilmou al rasm. Surtout quand il s’agit des mots qui s’écrivent séparément et que le coran écrit comme un seul mot ou vice-versa. Par exemple le terme «لا أن » qui parfois peut s’écrire par « ألا ». Même si la prononciation à l’oral est la même, l’écrit change. D’autres mots peuvent être écrits avec un « ة » ou un « ت » comme le mot « شجرة , شجرت ».

    Savoir comment tel ou tel mot est écrit dans le Saint Coran est primordial car les règles de la tajwid en dépendent. Pour le mot « شجرة », écrit avec une « Ta marbuta » ( ة ), à l’arrêt la lettre finale sera prononcée comme un « ه » et si on ne s’arrête pas sur le mot comme un « ت ». Et si il est écrit avec un « Ta ouvert » « ت » alors à l’arrêt et en continu il reste toujours Ta.

    Le but alors est de connaître les méthodes de transcription écrite du coran pour ne pas se tromper à l’oral.

    Cependant, en plus des cinq points cités, il incombe à chaque lecteur de respecter le rythme de récitation qui a été choisi. En effet, dans la tajwîd il existe trois catégories de rythmes qui sont en quelque sorte des niveaux de lenteur ou de rapidité bien distincts. Il y a le rythme appelé Al Tahqiq, qui fait référence à la lecture dite lente. Il y a aussi Al Hadr qui indique la rapidité bien sur avec le respect de l’art. Quant au troisième et dernier niveau, il est dit Al Tadwir qui est un niveau intermédiaire, ni lent ni rapide. Il faudra éviter lorsqu’on lit le coran de jongler entre les rythmes dans une même récitation et de s’attacher à respecter celui avec lequel nous avons débuté pour éviter ainsi de faire de cet acte un exercice de chant.

    L’une des autres erreurs les plus communes des lecteurs qui cherchent à soigner leur récitation réside dans l’exagération de la prononciation des lettres. En effet beaucoup oublient que la tajwid consiste à donner à chaque lettre « son droit » et non pas à les sur-prononcer. Chaque lettre possède sa prononciation il ne faut donc pas chercher à en faire plus.

Après toutes ces explications il devient clair que baser ses efforts dans l’embellissement de sa voix sans pour autant appliquer les règles liées à la lecture du saint livre est inutile : La belle voix ne fait pas la belle récitation. Nous ne voulons pas dire par là qu’il ne faut pas chercher à embellir sa voix, bien sur que non, le prophète disait lui-même « embellissez vos voix lorsque vous récitez le coran » (Abu Daoud) mais ceci ne doit pas se faire au détriment des ahkams. Il faut aussi souligner ici que chaque individu naît avec son propre timbre de voix, le défi sera donc de parvenir à maîtriser sa voix et pour cela respecter 2 règles fondamentales : ne pas en faire trop dans la recherche de la belle voix en chantant le Coran et ne surtout pas imiter les grands lecteurs !! L’imitation est l’un des grands fléaux du monde de la récitation car elle empêche l’innovation et l’originalité dans la lecture. On peut bien sûr écouter et s’inspirer des grands lecteurs mais ne surtout pas calquer sa récitation sur les leurs.

Chers internautes, la lecture du coran est l’une des plus grandes adorations à laquelle un musulman peut s’adonner. Il convient donc de chercher à exceller dans cette pratique et ceci passe par une connaissance pointue des différentes règles qui lui sont propre. Apprenons donc à s’asseoir devant les savants pour palier à nos lacunes dans cette science. Allah le Très Haut dit : « Ceux à qui Nous avons donné le Livre et qui le récitent comme il se doit, ceux-là sont ceux qui y croient » (2:121).

Yassine Mezouar

il y a 3 mois

Le Coran

La sourate La cité

« ô vous les Hommes! Il vous est certes venue, une exhortation de votre Seigneur, une guérison pour ce qui est dans les poitrines, une guidée et une miséricorde pour les croyants. » (10 :57)

Chers lectrices et lecteurs, c’est en ces termes que notre Seigneur met en exergue la place que doit occuper le Noble Coran dans la vie de tout Homme, même si seul un croyant convaincu peut en saisir la profondeur. Fidèle à cette vision qui considère qu’en ayant donné à l’humanité le Coran et le prophète, notre Seigneur a parachevé sur elle ses bienfaits, nous nous faisons le plaisir de partager avec vous dans cet article les enseignements à tirer de l’exégèse de la sourate La cité. Comment s’égarer lorsque d’une part nous disposons des théories coraniques et d’autre part de sa forme pratique que représente notre bien aimé le prophète. Vous verrez bien, je l’espère, à l’issue de cet article la beauté dans laquelle cette noble sourate à mis le doigt sur la voie qui doit être celle de tout aspirant de l’islam du soi, l’islam de profondeur, l’islam de l’illumination intérieure, l’islam qui n’apporte à l’itinérant vers Allah que paix et repos afin de mériter la divine interpellation : « ô toi, l’âme sereine, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée » (89 :27/28) C’est seulement et uniquement après avoir connu l’apaisement intérieur que l’on peut se réjouir d’entendre de notre Seigneur l’ultime notification qui nous rend digne de faire partie de Ses dévoués serviteurs et méritant la demeure de Sa satisfaction : « entre donc parmi Mes serviteurs, et entre dans Mon Paradis » (89 :29/30). O Seigneur irrigue nos cœurs de ton inspiration et nos plumes de ton divin soutien.

Aperçu de la sourate

La sourate La cité (al balad) est une sourate totalement mecquoise ; c’est à dire révélée à la période d’avant l’hégire de notre bien aimé le prophète en l’an 622. On peut même affirmer qu’elle fait partie des premières sourates à être révélées. En effet, elle fut descendue à la trente cinquième position après la révélation de la sourate Qaf et celle de la sourate al Tariq. Cependant dans l’ordre coranique elle se trouve dans le dernier chapitre dit de Amma à la quatre vingt dixième position entre al Ghashiya et al Shams. Avec ses vingt versets elle comptabilise quatre vingt deux mots et trois cent trente cinq lettres. Elle a été révélée principalement pour prendre la défense du prophète, lui apporter un soutien moral et en même temps montrer la voie à suivre pour tout croyant. Ainsi Allah dit :

« Au nom d’Allah le Tout miséricordieux, le très miséricordieux Je jure par cette Cité ! Et toi, tu es un « hilloune » dans cette cité. Et par le père et ce qu'il a engendre ! Nous avons, certes, créé l'homme dans la souffrance. Pense-t-il que personne ne pourra rien face à lui ? Il dit : "J'ai gaspillé beaucoup de biens". Pense-t-il que nul ne l'a vu ? Ne lui avons Nous pas assigné deux yeux, et une langue et deux lèvres ? Ne l'avons-Nous pas guidé aux deux « Nadjd ». Or, il ne s'engage pas dans l’embuche! Et qui te dira ce qu'est l’embuche? C'est affranchir un joug, ou nourrir, en un jour de famine, un orphelin proche parent ou un pauvre dans la misère. Puis faire parti de ceux qui croient et s'enjoignent mutuellement l'endurance, et s'enjoignent mutuellement la miséricorde. Ceux-là sont les gens de la droite; alors que ceux qui ne croient pas en Nos versets sont les gens de la gauche. Le Feu se refermera sur eux. »

Analyse de la sourate

Dans les trois premiers versets, notre Seigneur, par Sa grandeur, jure par deux éléments. Il jure par « cette cité » d’une part et, d’autre part, par « le père et ce qu’il a engendré ». Ici, il ne faut surtout pas tomber dans l’erreur qui consiste à considérer le Seigneur comme Ses créatures. En effet, là où les créatures ressentent le besoin de jurer pour certifier leurs dires et sceller leurs engagements, le Seigneur, Lui, jure sur des éléments afin de montrer soit leurs sacralités soit leurs mérites et importances auprès de Lui. Ainsi donc, par ce verset, nous comprenons la sacralité du culte symbolisé par la ville sainte de La Mecque mais aussi la sacralité de l’humain symbolisé par l’homme et sa progéniture. Quiconque saisi cela ne peut se permettre d’élever l’un au détriment de l’autre. L’Homme et son culte, ses idéologies, ses pensées sont garanties par le droit divin. Quelle place alors au fanatisme aveugle et à la haine dévoratrice de sens.

Cependant en citant la sacralité du culte et celle de l’humain, notre Seigneur, par Sa sagesse, met Son noble messager, notre maitre le prophète, entre les deux comme pour nous montrer non seulement la sacralité de ce dernier mais aussi le fait qu’il est invraisemblablement le trait d’union entre l’un et l’autre ou l’inspirateur suprême du respect de ces sacralités. Il dit : « Je jure par cette Cité Et toi tu es hilloune dans cette Cité et par le père et ce qu’il a engendré ». (89 :1/3).

Dans ce verset, et comme vous l’avez remarqué, je n’ai pas souhaité traduire le terme arabe hilloune car en réalité n’ayant pas de réelle équivalence en français. Il peut à la fois signifier un résident mais aussi le caractère licite d’une chose. Comme si notre Seigneur par Sa grande sagesse voulez nous montrer par un seul mot la situation de notre bien aimé le prophète au moment de la révélation de ces versets ; en dépit d’être le plus noble habitant ayant naquit et grandit dans cette ville dont ses aïeux incarnent toute Sa grandeur et pour laquelle ils se sont battus pour sa protection, malgré cela, ses ennemis, aveuglés par la haine, considéraient toute pratique inhumaine le visant étant licite. Comme si dans la vie, toute personne différente que soi, devait être privée de respect, de sacralité et même d’humanisme.

Dans les cinq versets suivants, notre Seigneur met le doigt sur, à la fois la réalité de l’existence de l’homme mais les moyens que son Seigneur lui a attribué afin de lui permettre de réussir son passage dans ce bas monde. Il dit « Nous avons, certes, créé l'homme dans la souffrance. Pense-t-il que personne ne pourra rien face à lui ? Il dit : "J'ai gaspillé beaucoup de biens". Pense-t-il que nul ne l'a vu ? Ne lui avons Nous pas assigné deux yeux, et une langue et deux lèvres ? Ne l'avons-Nous pas guidé aux deux « Nadjd ». (89 :4/10).

Certes la souffrance, qu’elle soit extérieure ou intérieure, n’a de but que de forger l’Homme et de lui permettre de discerner à travers tous ses états d’âmes afin de voir qu’en réalité, la difficulté ou la facilité n’a point d’existence ni d’utilité que si elle mène à la finalité suprême : connaître le Seigneur. Face à l’épreuve, crier l’absence de la miséricorde divine n’a aucun sens car l’Homme « Pense-t-il que personne ne pourra rien face à lui ? » (89 :5). De même que se créer un semblant de vérité ne conduit à aucune vérité car L’Absolu voit et connaît tout et même si nous ne saisissons pas sa dimension, Il a donné à l’Homme tout les moyens d’observation, d’analyse mais aussi d’action, tout en Le guidant vers les deux voies manifestes, à savoir le bien et le mal. Dans ce sens il dit : « Il dit : "J'ai gaspillé beaucoup de biens". Pense-t-il que nul ne l'a vu ? Ne lui avons Nous pas assigné deux yeux, et une langue et deux lèvres ? Ne l'avons-Nous pas guidé aux deux « Nadjd ». (89 :6/10). Le mot Nadjd dans la langue arabe désigne toute voie se situant sur des plaines à la fois visible par tous mais aussi accessible. Dans ce verset Il désigne la voie du bien et du mal que nul n’est censé ignorer.

Chers lectrices et lecteurs, après ce bref aperçu sur la première moitié de cette Noble sourate, nous vous donnons rendez-vous le vendredi suivant par la grâce d’Allah afin de poursuivre l’analyse de la deuxième et dernière partie de cette sourate qui comme vous le verrez est consacrée à la purification de l’âme. D’ici là, je vous souhaite bonne lecture mais aussi bonne méditation.

Sheikh Ahmad Mustapha Mbaye

il y a 3 mois