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Des mots et des réalités
Sheikh Ahmad Mustapha Mbaye
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Chers lectrices et lecteurs, toute pensée a une image, toute image a un nom et tout nom renferme ses réalités. C’est dans ce sens là que notre Seigneur dit : « et Il enseigna à Adam tous les noms » (s. 2, v.31), c’est à dire que pour parachever sa Grâce sur Adam Il lui enseigna après l’avoir créé les réalités que désigne tout nom. Ainsi, notre père Adam n’a pas été, comme le dit le Coran, « laissé à lui-même » (s.75, v.36). Il l’a créé et lui a enseigné les réalités et les moyens pour exprimer ces réalités. Il dit : « Le Tout Miséricordieux a enseigné le Coran, créé l’Homme et lui a enseigné la manière de s’exprimer. » (s.55, v.1 à 4)

Chers lectrices et lecteurs, c’est cette logique coranique qui a guidé les hommes de Dieu, religieux et théologiens, car ils ont compris que la bonne pratique de la religion ne peut être que le fruit d’une bonne compréhension. La bonne compréhension, ne peut venir que d’une bonne explication : d’une bonne parole. Dans ce sens, notre Seigneur dit : « N'as-tu pas vu comment Allah propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s'élançant dans le ciel ? Il donne à tout instant ses fruits, par la grâce de son Seigneur. Allah propose ses paraboles à l'intention des gens afin qu'ils s'exhortent. Et une mauvaise parole est pareille à un mauvais arbre, déraciné de la surface de la terre et qui n'a point de stabilité. » (s.14, v.24 à 26)

Dans ce verset, la bonne parole est imagée en arbre, la bonne compréhension en est les solides racines, les actions sont la ramure s’élançant dans le ciel, et le bien-être spirituel n’est rien d’autre que les fruits. Il est donc important pour tout aspirant à la pureté de l’islam de commencer d’abord par faire attention à la terminologie qui est propre à notre religion et aux réalités qu’elle renferme. Et dans ce sens là, Allah nous montre que des mots, même porteurs de réalités, devront être bannis de notre vocabulaire lorsqu’ils sont souillés et pollués par une mauvaise interprétation. Le meilleur exemple pour cela est le mot arabe « ra’ina » qui est synonyme de « ounzurna », tous deux signifiant littéralement « Ô Seigneur, porte en nous un regard de Miséricorde ». Mais parce que le premier a été souillé par une mauvaise utilisation de certains gens du Livre, Allah dit dans le Coran : « Ô vous qui avez cru, ne dites pas « ra’ina » mais dites plutôt « onzurna » et prêtez l’oreille ».(s.2, v.104) Même si les deux mots désignent la même chose, la pureté de l’islam doit être protégée de toute instrumentalisation ou souillure. Et telle était la pédagogie de notre bien-aimé le Prophète. Il avait pour habitude de guider ses compagnons à une compréhension plus pointue et poussée des termes que les croyants sont appelés à utiliser. Tout ceci dans le seul but de maintenir leur équilibre moral et spirituel. Ainsi, un jour il leur dit : « Qui parmi vous peut me dire ce qu’est celui qui a fait faillite ? ».(Muslim) Certains de ses compagnons s’empressèrent de lui dire : « Ô Messager d’Allah, celui qui a fait faillite n’est rien d’autre que celui qui a perdu argent et biens ». Et à notre bien-aimé de rééquilibrer leur entendement en l’approfondissant par cette réplique : « Non, celui qui a fait faillite n’est rien d’autre que celui qui s’est présenté le jour de la Résurrection devant son Seigneur avec des montagnes de bonnes actions, des prières, des jeûnes… mais dans sa vie, il a commis des injustices à untel, il a insulté untel autre, frappé celui-ci, dénigré celui-là, et médit sur le dos d’untel, et l’on lui reprend alors toutes ses bonnes œuvres pour dédommager ses victimes jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus de bonnes actions, on prendra alors des péchés de ses victimes pour les lui imposer comme fardeau et ainsi il se retrouve à la fournaise. » (Muslim) Telle est la profondeur de l’entendement dont doit faire preuve tout croyant. Dans un autre hadith, le Prophète fait de même pour un autre mot, un autre nom, une autre réalité, à savoir l’intelligence. Il dit à ses compagnons : « L’intelligent est celui qui a pesé son âme (pour savoir ce qu’elle vaut), puis ensuite œuvre pour la vie qui l’attend après la mort. » (Tirmidhi) Il dit aussi : « Le faible est celui qui s’est soumis aux passions de son égo et qui vit sans fin dans des souhaits ».(Tirmidhi) Dans un autre hadith, il dit : « Le fort n’est point celui qui terrasse son ennemi, mais c’est plutôt celui qui maîtrise son égo face à la colère ». (Bukhari)

Chers sœurs et frères, toutes ces sources, qu’elles soient coraniques ou prophétiques, n’ont qu’un seul but, c’est de montrer à tout musulman qu’il ne faut pas tout simplement s’arrêter à l’aspect littéraire des mots, mais il faut les aborder avec un sens beaucoup plus poussé, beaucoup plus spirituel. Et d’ailleurs c’est le seul rempart contre toute forme d’automatisme irréfléchi dans les pratiques religieuses, mais aussi tout extrémisme et démesure.

C’est dans cet optique que nous allons voir ensemble dans cet article si Dieu nous le permet, quelques mots répandus dans la bouche de tout croyant, et d’ailleurs même dans les revues de presse, et qui en fait sont très loin des réalités qui ont motivé leur emploi dans l’islam. Et pour cela, j’ai sélectionné pour vous quatre mots et leur explication venant bien sûr de la bouche de la meilleure des créatures, le plus poussé dans son entendement, notre maître le Prophète. Ces quatre mots sont : le croyant, le musulman, l’émigré et le djihadiste. Que signifient-ils réellement ? Que renferment-ils comme réalité ? Et au Prophète de nous répondre.

Qui est le croyant ?

Certains facilement pourront dire avec simplisme : le croyant est celui qui a fait la profession de foi, qui croit à l’unicité d’Allah, le jour de la Résurrection, les anges, les Livres, les messagers, ainsi que la destinée. Ils ont à moitié raison, mais là où ils ont tort, c’est lorsqu’ils prennent le mot sans regarder ses résultats sur le pratiquant. Et dans ce sens, notre bien-aimé le Prophète dit lors du dernier pèlerinage: « Connaissez-vous le croyant ? Bien sûr, ses compagnons, étonnés de cette question ne surent quoi répondre. Il leur dit : « Le croyant c’est celui dont tous les hommes lui font confiance », (Ahmad) c’est à dire que « celui qui n’est pas digne de confiance n’a aucune foi »,(Ahmad) car croire en Allah implique la dévotion face à lui, croire au jour de la Résurrection pousse à se préparer à cette rencontre, ainsi de suite pour chaque fondement de la foi, qui doit avoir un résultat sans lequel l’acte reste caduc et non recevable.

Qui est le musulman ?

De même que pour le précédent, certains s’empresseront de citer la liste des piliers de l’islam, comme le dit le Prophète : « Les piliers de l’islam sont cinq : la profession de foi, la prière, la zakat, le jeûne du ramadan et le pèlerinage pour celui qui en a les moyens ». (Bukhari)Et là aussi, ils se retrouvent trompés par leur précipitation car le Prophète n’a pas dit que ces cinq pratiques étaient l’islam, il a précisé : « sont les piliers de l’islam », et comme dans toute construction les piliers ne suffisent pas. Ainsi, notre maître le Prophète reprend les musulmans sur leur identité. Il leur dit : « Le musulman est celui dont tous les hommes sont préservés des méfaits de sa langue et de sa main ».( Ahmad) En d’autres termes, quand on se dit musulman, et qu’on pratique les piliers de l’islam, notre construction religieuse ne peut atteindre la fin que si aucune créature ne se sent menacée, offensée, ni par la langue, ni par la main. Et là aussi, cette réalité pousse à la méditation, car remettant en cause l’identité musulmane de beaucoup.

Qui est l’émigré ?

A l’heure où un certain nombre de nos compatriotes musulmans appelle à émigrer vers des terres disent-ils « musulmanes » car selon eux, il est « haram » de vivre dans un pays non-musulman. En ce moment même où leur idéologie les invite vers l’émigration, notre maître le Prophète remet les pendules à l’heure en déclarant : « le vrai émigré n’est rien d’autre que celui qui a abandonné les interdits de son Seigneur ».(Ahmad) Ainsi, ce sont nos actions qui déterminent l’islamité ou non de notre vie, non pas le pays. Le croyant qui vit au cœur de La Mecque ne saurait être considéré comme reçu par notre Seigneur si il ne fait pas de ses actes le reflet de sa foi et pareil pour celui qui vit au cœur d’une terre hostile à toutes les valeurs de la foi et de la conscience, il ne saurait être considéré parmi eux si par ses actes il a su montrer sa singularité et la différence de ses principes. Donc, plutôt que de dire que c’est « le milieu qui détermine l’individu », l’islam nous dit ce sont les actions qui déterminent l’individu car « toute âme est otage de ses agissements » (s.74, v.38) et « nul ne peut porter le fardeau d’aucun autre ». (s.53, v.38) Et à notre bien-aimé le Prophète de rajouter : « Ne soyez pas le passif qui est bienfaisant si les gens le sont et malfaisant lorsqu’ils le sont. Soyez bienfaisants si les gens le sont et abstenez vous de la malfaisance s’ils s’en approchent ». (Tirmidhi)

Qui est le djihadiste ?

Cette question est très importante dans la mesure où aux yeux du monde entier, l’islam est une religion qui appelle au djihad. Mais qu’est-ce que le djihad ? Ce mot plus que tout autre a été souillé, instrumentalisé, profané… Aucun adjectif ne suffit pour qualifier l’injustice intellectuelle dont est victime la notion de djihad dans l’islam. Littéralement, c’est un mot qui signifie l’acte de fournir un effort considérable pour arriver à une fin. Et dans ce sens, dans l’islam, ceux qui combattent pour défendre leur intégrité territoriale ou leur liberté ont fait djihad, c’est à dire qu’ils ont fourni de gros efforts pour leur cause. De même, que le Coran considère comme djihad celui qui s’efforce de refuser à son âme l’avarice et de la pousser à la générosité. Et à notre bien-aimé le Prophète de fermer la voie à toute instrumentalisation en disant d’une manière claire, précise et sans aucun besoin d’interprétation : « Le djihadiste est celui qui combat son égo afin de se conformer à la dévotion face à Allah. » (Ahmad). A bon entendeur, salut.

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Suggestions

Bon comportement en Islam

La notion du bonheur

Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son « sirb », en bonne santé et ayant sa subsistance journalière, c’est comme si le bonheur de ce bas-monde lui a été servi dans sa totalité. » (Tirmidhi)

Cette sagesse, chères lectrices et lecteurs, fait partie des trésors prophétiques. Notre bien-aimé le Messager d’Allah, paix et salut sur lui, en a fait don à l’humanité afin d’attirer leur attention sur l’essentiel des bienfaits d’Allah. En effet, celui qui veut aller de l’avant doit apprendre à observer ceux qui l’ont précédé parmi les illustres hommes afin de marcher sur leurs traces. Toutefois, pour ne pas tomber dans l’obscurantisme qui consiste à ignorer les bienfaits d’Allah à notre égard, il est important de s’en remettre à l’essentiel. Le croyant se doit donc de regarder celui qui est au dessus de lui pour progresser et celui qui est en dessous afin de remercier son Seigneur et être reconnaissant. C’est dans ce sens là que notre bien-aimé le Prophète dit à notre maître Abu Dharr : « regarde plutôt celui qui est en dessous de toi ! Cela est plus à même de te permettre d’éviter de minimiser les bienfaits d’Allah sur toi. » (Al Hakim) Ainsi donc, ce hadith prophétique vient attirer l’attention des aspirants à la notion de bonheur terrestre. Et comme toute chose, elle (la notion du bonheur) peut être amenée à être augmentée ou diminuée. De ce fait, notre maître Salama Ibn Oubeydillah Ibn Nihsan Al Khatmy, comme nous le rapportent l’imam Bukhari dans Al Adab Al Mufrad et Tirmidhi, déclare avoir entendu son père rapporter de notre bien-aimé le Prophète cette parole suivante : « Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son « sirb », en bonne santé et ayant sa subsistance journalière, c’est comme si le bonheur de ce bas-monde lui a été servi dans sa totalité. » Notre bien-aimé met ainsi l’accent sur trois tenants du bonheur que sont la paix et sécurité, la santé et le minimum de subsistance.

La paix et la sécurité

La notion de paix, de stabilité et de sécurité est un principe très cher à notre religion. Ainsi, notre Seigneur s’est donné comme attribut la Paix, Il dit : « C'est Lui, Allah. Nulle divinité que Lui; Le Souverain, le Pur, La Paix, Le Rassurant, le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant, L'Orgueilleux. Gloire à Allah ! Il transcende ce qu'ils Lui associent. » (59; 23). Il a fait de la salutation du croyant une invocation souhaitant la paix à son prochain. De même qu'à la fin de chaque prière, la paix est notre ultime invocation : « que la paix soit avec vous ». Face au Seigneur, « Paix » sera également notre première salutation le Jour Dernier. Dans ce sens Allah dit : « Leur salutation au jour où ils Le rencontreront sera : "Salam" [paix], et Il leur a préparé une généreuse récompense. » (33; 44). D’autre part, notre maître le Messager d’Allah Yusuf n’a trouvé que la paix et la sécurité à souhaiter à sa famille venue vivre à ses côtés en Egypte. Le Coran nous dit : « Lorsqu'ils s'introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère, et leur dit : "Entrez en Egypte, si Allah le veut, en toute sécurité! ». (12: 99) Tout ceci pour appuyer la thèse selon laquelle aucune réussite, aucun bonheur, aucun projet ne peut voir le jour s’il n’y a pas de paix, de sécurité et de stabilité sociale. Et il y a comme preuve de la véracité de ces dires, les guerres et l'instabilité qui règnent dans certaines parties du globe. Des populations déplacées, certains retranchés chez eux, d’autres tués, torturés ou encore terrorisés, quelle place y a-t-il alors pour le bonheur ? Cependant, lorsque le Prophète dit : « Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son sirb », il a usé d’une grande sagesse. D’ailleurs, la complexité du mot « sirb » et l’immensité des sens qu’il englobe m’ont poussé à ne pas le traduire, afin de ne pas restreindre le hadith, car en effet, ce mot englobe quatre significations différentes dans la langue arabe. Il désigne la personne, la famille, le chemin et la route ainsi que la maison. Comme si notre bien-aimé le Prophète voulait nous montrer par le choix de ce mot là, les moments où la sécurité est encore plus appréciée à savoir se sentir en sécurité en soi, au milieu de sa famille, ne pas craindre l’insécurité alors que l’on est sur le chemin et la route qui mène là où nous espérons gagner quelque chose et enfin au cœur de sa maison et de son intimité. Ce hadith est alors la preuve de la véracité de la prophétique déclaration « mon Seigneur m’a accordé la largesse dans la parole » (Muslim), c’est à dire qu’en peu de mots il exprime d’innombrables sens. Chers lectrices et lecteurs, lorsque notre bien-aimé le Prophète met l’accent sur la sécurité, c’est aussi un appel à tout croyant de faire de la paix et la sécurité son combat. A côté de la sécurité extérieure, Allah nous promet la paix intérieure et spirituelle. Il dit : « Ceux qui ont cru et n'ont point troublé la pureté de leur foi par une injustice (association), ceux-là ont la sécurité; et ce sont eux les bien-guidés ». (6:82)

La santé

Le deuxième fondement du bonheur terrestre n’est rien d’autre que la santé dans la considération prophétique. La santé est un moteur qui permet à l’Homme de gagner sa vie et de se rapprocher de son Seigneur. Nul ne peut travailler pour gagner sa vie en toute sérénité face à la maladie. Nul aussi ne peut s’acquitter avec facilité des obligations religieuses dites « corporelles » sans la santé. Ainsi donc, la santé est un don qu’il faut préserver mais c’est aussi un but qu’il faut rechercher, et, dans ce sens, notre bien-aimé le Prophète nous met sur cette piste à diverses occasions. Il dit : « Profite de ta santé avant la maladie » (Al Hakim). Dans un autre hadith il appelle à l’hygiène alimentaire afin de préserver cette santé. Il dit dans ce sens : « Le fils d’Adam ne peut remplir un récipient pire que son ventre. S’il est obligé de le faire, alors qu’il consacre un tiers à la nourriture, un second tiers à la boisson et le dernier tiers à sa respiration. » (Ahmad)

La subsistance journalière

Le dernier pilier du bonheur terrestre tel qu’il est décrit par notre bien-aimé le Prophète n’est rien d’autre que les moyens financiers. En effet, vivre dans la dignité sans tendre la main à personne doit être accessible à tous. Le Coran regorge de versets qui, à maintes reprises appellent à rétablir les inégalités sociales, la dignité humaine, la solidarité et le partage pour tous les individus. D’ailleurs, pour ce fait, un pilier de l’islam, à savoir la zakat, a été consacré à ce but. Lorsque l’on parle de vivre, nous ne voulons pas dire par là les futilités, le gâchis, et tout ce qui n’a comme finalité que de plonger les sociétés dans le matérialisme aveugle. Le Coran n’a-t-il pas dit : « Sachez que la vie présente n'est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l'orgueil entre vous et une rivalité dans l'acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie; ensuite elle devient des débris. Et dans l'au-delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément d'Allah. Et la vie présente n'est que jouissance trompeuse. » (57:20)

Chères lectrices et lecteurs, notre bien-aimé avait pour habitude de dire : « Ô Seigneur, préserve moi de la faim, car c’est un mauvais compagnon de route et protège moi de la trahison car c’est une mauvaise conseillère » (Abu Dawoud). C’est ainsi qu’il considère le danger pour la société; de laisser la pauvreté prospérer et gagner du terrain ainsi que la dégradation des valeurs. Cependant, le vrai croyant n’est pas celui qui, face à un manque, désespère ou cherche à l’assouvir par n’importe quel moyen légal ou illégal. Le vrai croyant est celui qui sait que dans ce bas-monde on ne peut combler tous ses désirs et la porte de l’épreuve est toujours ouverte et ne sera fermée pour les croyants qu’après le retour vers leur Seigneur. Dans ce sens le Coran dit : « Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n'avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu'à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : "Quand viendra le secours d'Allah ? " - Quoi ! Le secours d'Allah est sûrement proche. » (2:214) Il dit aussi : « Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : "Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons". Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés. » (2:155/157)

Et mille salutations à notre maître le Messager d’Allah qui face à l’épreuve fut meilleur exemple : « Et rappelle-toi Job, Notre serviteur, lorsqu'il appela son Seigneur : "Le diable m'a infligé détresse et souffrance". Frappe [la terre] de ton pied : voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire. Et Nous lui rendîmes sa famille et la fîmes deux fois plus nombreuse, comme une miséricorde de Notre part et comme un rappel pour les gens doués d'intelligence. "Et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment". Oui, Nous l'avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur ! Sans cesse il se repentait. » (38:41/44)

Sheikh Ahmad Mustapha Mbaye

il y a 2 mois

Bon comportement en Islam

Les excès de la langue

Celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement, qu’il dise le Bien ou qu’il garde le silence » (Bukhari)

La langue, utilisée dans le contexte de la parole, doit faire l’objet d’une attention particulière, car elle est l’élément principal de communication et de relation avec l’autre. Elle est également un moyen d’adorer notre Seigneur chaque jour et de multiples façons, un outil donc à la fois important et dangereux dans la mesure où il faut apprendre à en prendre soin, à la contrôler et à en faire bon usage afin de ne pas en devenir la victime. Si en islam les mises en garde contre les excès de la langue sont innombrables, force est de constater qu’une grande majorité des musulmans cède encore trop facilement à la tentation de celle-ci. Cet article revient sur les risques d’une langue trop pendue. « C'est la moisson de la langue qui le plus souvent jette les gens dans l'Enfer » (Muslim)

C’est ainsi que notre maître le Prophète mettait en garde les fidèles contre les excès de la langue. Parler peut être chose très facile, et pour beaucoup, des mots sont moins graves que des actes. L’erreur consiste ici à penser qu’accorder de l’importance à ce que nous disons reste secondaire et que l’utilisation de la langue, à tort et à travers, n’est pas en son sens très dramatique puisque « cela ne reste que de simples paroles ». Pourtant, on sait aussi que des mots peuvent être plus blessants que des coups car les mots, contrairement aux coups qui eux ne laissent que des traces physiques, atteignent sans détour l’état psychique et psychologique de la personne. C’est son intérieur et sa stabilité qui sont ainsi touchés. Le Prophète décrit le croyant comme « celui qui ne nuit pas aux autres ni par sa langue, ni par sa main » (Bukhari). Le musulman ne peut donc en aucun cas se permettre de négliger ce qui sort de sa bouche. Dieu nous a ordonné la justesse et la véracité même dans nos paroles lorsqu’il dit « Et dit à mes serviteurs de dire les meilleures paroles car le diable veut semer entre eux la dissension et il est pour l’homme un ennemi déclaré » (s.17 v.53). C’est pourquoi il faut être vigilant, réfléchir avant de parler et apprendre à mesurer le poids de chacun de ses mots. Bien souvent le silence est meilleur. Nul doute que sous-estimer les dégâts que peut causer notre langue se traduit par une chute vers mal dont l’accès est particulièrement aisé en cette époque. C’est pourquoi le Prophète a dit : « Celui qui me garantit ce qu’il y a entre ses maxillaires et ce qu’il y a entre ses cuisses, je lui garantis le paradis » (Muslim). Tenir sa langue et peser ses propos peut dès lors apparaître assez difficile. Fort heureusement, aucun vice ne résiste face à l’éducation. Mensonge, médisance, calomnie

Ces trois mots résument les pires habitudes qui occupent bien des discussions. Trois choses qui ne peuvent qu’éloigner du Seigneur. En effet, pour ce qui est des mensonges, Allah dit : « que la malédiction d’Allah soit sur les menteurs » (s.3 v.61) et le Prophète rajoute : « Prenez garde contre le mensonge car certes le mensonge mène à la perversion et la perversion à l’enfer. L’homme se mettra à mentir jusqu’à finir par être considéré auprès d’Allah comme étant un menteur » (Bukhari). Quoi de plus détestable en effet pour celui qui se revendique musulman de ne pas prendre le parti de la vérité alors que le Coran nous dit : « Ô vous qui avez cru, craignez Allah et soyez parmi les véridiques » (s.9 v.119). En ce qui concerne la médisance, elle présente un caractère à la fois subtil et dangereux, qui très souvent porte à confusion car la médisance est telle qu’elle pousse les personnes qui la pratiquent à croire qu’ils ne font qu’énoncer une vérité, bien entendu dans le mal, sur un tiers en son absence. En effet, comme le dit le Prophète, médire, c’est : « Mentionner en l’absence d’un homme ce qui pourrait lui déplaire » (Muslim). Par méchanceté ou légèreté pour parvenir à évaluer à juste titre le fait de médire et ainsi comprendre à quel point l’acte est une abomination, il suffit de se référer au verset dans lequel Allah nous dit: « Et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair du cadavre de son frère ? Cela vous répugne évidemment » (s.49 v.12). La calomnie enfin, consiste à inventer des choses sur une personne et à les raconter aux autres à ses dépends. La plus belle preuve de la vanité de la calomnie reste l’histoire de ‘Aicha, lorsqu'elle fut accusée d’avoir trompé le Prophète. C’est finalement Dieu lui-même qui l'a innocentée et a rétabli la vérité : « Vous attrapiez en effet ces calomnies avec vos langues et vous disiez de vos bouches ce dont vous ne saviez rien » (s.24 v.11-17). Perdre du temps à causer du tort aux autres, reste par-dessus tout indigne d’une personne qui dit vouloir cheminer vers Dieu. « L’Homme peut dire une petite parole à laquelle il n’accorde aucune considération alors que celle-ci le rapproche de l’enfer de soixante dix coudées » (Bukhari)

Chères lectrices, chers lecteurs, j’aimerais pour finir attirer votre attention sur les petits excès qui peuvent sembler insignifiants au quotidien mais qui n’en sont pas moins importants, et causent du tort aux autres, ainsi qu’à nous-mêmes. Nous citerons par exemple les insultes et les vulgarités en tous genres, qui ponctuent parfois toutes les phrases de ceux qui n’y accordent aucune considération. Les exagérations également, de ceux qui transforment la vérité pour attirer l’attention, et les paroles inutiles, qui ne renferment aucun bien et auxquelles il serait plus sage de privilégier le silence. Le manque de discrétion et de pudeur enfin, sont particulièrement d’actualité aujourd’hui. Le musulman doit être discret dans ses paroles, et ce surtout lorsqu’elles concernent la vie privée, ou les erreurs dont on n’a pas à se vanter. Il est malheureusement de nos jours, tout à fait commun de sortir et d’entendre ceux qui se disent croyants étaler sans honte leurs méfaits pour se faire remarquer.

On dit que le silence est d’or et qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer, voilà pourquoi préserver la langue c’est certes tenir en laisse l'un des pires ennemis de l’homme

Lucie Dupuis

il y a 2 mois

Bon comportement en Islam

Bague en or pour l’homme

L’imam ‘Ali, que Dieu l’agrée, rapporte qu’un jour notre maître le prophète, paix et salut sur lui, a mis de la soie dans sa main droite et de l’or dans sa main gauche puis il dit : « Voilà deux choses interdites aux hommes de ma communauté. » (Abou Daoud). Le droit islamique interdit ainsi à l’homme d’avoir une bague, une montre ou tous autres bijoux en or. Il faut noter que cette interdiction ne concerne pas les femmes.

Lucie Dupuis

il y a 2 mois