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Le repentir
Sheikh Ahmad Mustapha Mbaye
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« Dis : O vous mes serviteurs qui avaient commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’ALLAH, car certes ALLAH pardonne tous les péchés. C’est lui le Grand Pardonneur, le Très Miséricordieux. » S39 v53.

S’il n’y avait, dans tout le Saint Coran, que ce noble verset alors il aurait suffi pour redonner espoir à tous ceux, qui se noient dans les remords et sont hantés par le sentiment d’éloignement spirituel. Les hommes ont jusqu’ici eu tendance à penser que les péchés leur ôtaient le droit d’être absous puis accueillis par leur seigneur. C’est à se demander à quoi servirait le pardon divin s’il n’était pas destiné aux pécheurs? Les fausses idées que certains véhiculent font qu’aujourd’hui le croyant doit réapprendre à compter sur la grandeur de son Seigneur, conscient des faiblesses de l’Homme. Comme le disait un homme saint: « je suis certes pécheur, désespéré et par-dessus tout têtu mais mon Seigneur est Grand Pardonneur, Miséricordieux et il me suffit. Mes trois faiblesses face à ses trois attributs ne feront pas le poids »

Il faut savoir que l’homme a été crée de trois éléments : un corps qui est d’origine terrestre, une âme d’origine divine et un cœur qui par le niveau de son éveil penche soit du coté de l’animosité terrestre soit du coté de l’humanisme inspiré par le divin. Cette réalité s’illustre dans la parole de notre maître le Prophète, paix et salut sur lui, lorsqu’ il dit : « il y a dans le corps une petite membrane qui lorsqu’elle est pure l’ensemble du corps le sera et lorsqu’elle est corrompue alors tout le corps le sera… c’est le cœur.» (Bukhari). Delà résulte à la fois la faiblesse mais aussi la dignité de la race humaine à savoir le pouvoir dont il dispose d’agir selon son gré sans aucunes contraintes. En effet « libre à qui le veut de croire et libre à qui le souhaite de mécroire » s.18 v.29, et ceci différemment des anges rapprochés qui eux « ne désobéissent jamais à Allah en ce qu’il leur commande et font strictement ce qu’on leur ordonne » s.66 v.6. . Par conséquent, l’Homme est en mesure de choisir de cheminer vers dieu ou non. Ce cheminement ne peut se faire sans erreur, comme le dit notre Maître le Prophète, paix et salut sur lui : « tous les fils d’Adam sont sujets aux erreurs ». De ses erreurs il apprend à faire preuve de persévérance. « Allah certes tend sa main la nuit pour accepter le repentir de celui qui pèche le jour et tend sa main le jour pour accepter le repentir de celui qui pèche la nuit. » (Muslim), et « Allah se réjouit du repentir de son serviteur. Plus que ne se réjouit l’un d’entre vous qui retrouve sa monture, après qu’elle lui ait échappé dans une terre désertique, emportant sa nourriture et sa boisson. » (Muslim). Annonçons donc, avec ferveur à tous ceux qui comme nous sont de simple humain croyant, la grande nouvelle qui leur vient de Celui qu’il redoute le plus: « repentez vous tous vers Allah ô croyant afin de récolter le succès » s.24 v.31.

Les péchés mineurs et majeurs

« Si vous vous écartez des péchés majeurs qui vous sont interdits, alors nous effacerons vos méfaits et nous vous ferons entrer dans un lieu honorable » s.4 v.31

Connaître la classification hiérarchique des péchés n’a point pour but d’en minimiser certains, mais plutôt de nous permettre de connaître les actes nécessaires pour accéder au pardon. Ainsi l’islam distingue deux types de péchés : mineurs et majeurs. Sont considérés comme mineurs tous actes désapprouvés par Allah et commis sans préméditation. En revanche lorsque l’acte a été prémédité on parlera de péché majeur. Nous pouvons citer l’exemple relaté par Muslim de celui qui dans l’euphorie, en voulant remercier son seigneur, a dit : « ô Allah tu es mon esclave et je suis ton maître » alors qu’il voulait dire l’inverse : « ô Allah je suis ton esclave et tu es mon Maître ». Il est bien évident que les conséquences d’une telle parole « ne dépendent que des intentions. » (Bukhari). Le verset 31 de la sourate 4 cité plus haut souligne l’importance de s’abstenir des grands péchés pour obtenir l’absolution des petits. Comme l’indique le verset 32 de la sourate 53 « ceux qui s’écartent des péchés majeurs ainsi que des turpitudes ne commettant que des fautes légères » et Le Bien-aimé, paix et salut sur lui, annonce « d’un vendredi à un autre, d’un ramadan à un autre et d’une prière obligatoire à une autre Allah efface tous les péchés mineurs à condition de s’écarter de ceux dits majeurs » (Muslim).

Il est important de remarquer que par l’éducation de l’âme et une spiritualité grandissante l’homme peut arriver à un niveau de pureté qui l’exempte de péchés prémédités et intentionnels. En effet si Allah les interdit c’est qu’il est possible de s’en préserver : « Allah n’impose à aucune âme ce qu’elle ne peut pas ». s.2 v.286 et lorsque notre Maître le Prophète, paix et salut sur lui, dit : « tous les fils d’Adam sont sujets aux erreurs ». il est question des péchés mineurs.

D’autre part, il faut faire la distinction entre les grands péchés et les dix commandements présents dans les trois grandes religions monothéistes. Les dix commandements regroupent les fléaux les plus rependus dans les sociétés. Allah dit : « dit : Venez que je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit : ne lui associez rien, soyez bienfaisant envers vos deux parents, ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté, c’est nous qui subvenons à vos besoins ainsi qu’aux leurs, n’approchez pas les turpitudes ce qui en est apparent ou caché, ne tuez pas les âmes qu’Allah a rendu sacré sauf en toute légitimité. Voilà ce qu’on vous a recommandé ; peut-être comprendrez-vous. Et ne vous approchez des biens de l’orphelin que de la meilleure manière jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité, donnez la juste mesure et le bon poids en toute équité nous n’imposons à aucune âme que selon sa capacité. Et quand vous parlez soyez justes même s’il s’agit d’un proche parent et remplissez vos engagements envers Allah ; voilà ce dont on vous enjoint. Peut-être vous rappellerez-vous. Et voilà mon chemin dans toute sa droiture, suivez-le donc et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de sa voie. Voilà ce dont il vous enjoint peut-être saurez-vous vous prémunir. » s.6 v.151 à 153

Demander pardon et se repentir

« Ô vous mon peuple implorez le pardon de votre Seigneur et repentez-vous à lui » s.11 v.52. Après avoir énuméré les différences entre les grands et les petits péchés nous abordons à présent les formules adaptées à chaque catégorie, en vue d’obtenir l’absolution. Il existe dans l’islam deux notions souvent confondues et qui pourtant ne désignent pas la même chose. A savoir, la notion de « istighfar » qui désigne le fait de demander le pardon oralement, et celle de « tawba » qui désigne le repentir en tournant le dos aux péchés. « Istighfar » fait référence à l’invocation destinée à l’absolution des péchés mineurs, commis sans préméditation et ceci qu’on s’en rende compte ou non. A ce propos, Bukhari rapporte que notre Maître le Prophète, paix et salut sur lui, s’adonne à l’invocation dite « istighfar » plus de soixante dix fois par jour et dans une autre version de Muslim cent fois. Par conséquent, il est recommandé aux croyants de la répéter au cours de la journée autant que possible. Quant à « tawba » , mis à part le fait de demander pardon, c’est une ligne de conduite qui vise à nous sortir du péché et à s’écarter grâce à notre comportement de tout ce qui peut nous y conduire à nouveau.

Les piliers du repentir

« Ô vous qui avez cru repentez-vous vers votre seigneur d’un repentir sincère » s.66 v.8.

Pour qu’un repentir puisse être considéré comme sincère certaines conditions sont requises :

  1. Regretter le péché

    En effet, c’est la condition la plus importante car il n’y a pas plus grave que d’essayer d’excuser ses péchés tel iblis, qui pour justifier sa désobéissance dit : « je suis meilleur que lui, car tu m’as créé de feu alors que tu l’as créé lui d’argile.» s.7 v.12. D’ailleurs, ici, la sentence fut sans appel : une malédiction pour toujours. C’est pour éviter à Adam et Eve le déni du péché qu’Allah leurs a fait goûter son amertume, afin qu’il puisse ressentir profondément le regret, « lorsque tous deux eurent goûtés à l’arbre leurs nudités se dévoila à eux et ils commencèrent à y attacher (pour se cacher) des feuilles du paradis » s.7 v.22. C’est aussi la raison pour laquelle notre Maître le Prophète, paix et salut sur lui, a mis en quarantaine Qa’b ibn Malik, coupable de trahison, malgré ses excuses afin de lui montrer l’étendu des dégâts causés. Il lui pardonna quarante jour plus tard (Bukhari) et Allah fit descendre à ce sujet les versets 117 et 118 de la sourate 9 : « et (Allah accueille le repentir) des trois qui se sont absentés si bien que, toute vaste qu’elle fut, la terre leur paraissait exiguë ; ils se sentaient à l’étroit dans leur propre personne convaincus qu’il n’y avait d’autre refuge d’Allah qu’auprès de Lui puis Il agréa leur repentir pour qu’ils viennent à Lui car Allah est l’accueillant au repentir, le miséricordieux ».

  2. Avoir l’intention ferme de ne plus retourner en arrière

    Il est important de savoir qu’il est de notre devoir de demeurer ferme dans notre engagement cependant il ne nous est pas demander la garantie de ne plus refaire le même péché. Beaucoup de nos frères, malheureusement repoussent le repentir parce que disent-ils, ils savent qu’ils vont rechuter, ignorant ainsi la sagesse de Seyidna Ali lorsqu’il dit : « ô seigneur pardonne-moi mon péché et si j’y retourne alors retourne moi dans le pardon » .

  3. Ne pas persister dans le péché

    C'est-à-dire ne pas remettre l’abandon du péché à plus tard surtout après avoir eu connaissance de la gravité, Allah dit : « Et ils ne persistent pas sciemment dans le mal qu’ils font » s.3 v.135

  4. Se racheter

    Que cela soit une erreur qui concerne notre relation avec le divin ou avec l’humain il ne suffit pas de demander pardon mais il faut se racheter sa conduite et réparer ses erreurs. Rendre à tout ayant-droit son dû s’il est en notre possession. Comme le souligne si bien Allah lorsqu’il dit : « Sauf ceux qui se sont repentis, ont corrigé leurs fautes et éclairci la vérité : de leur part j’accepte le repentir car c’est moi l’accueillant au repentir, le miséricordieux » s.2 v.160, et dans un autre verset il dit : « Sauf ceux qui se repentent, s’amendent, s’attachent fermement à Allah en lui vouant sincérité. Ceux là sont avec les croyants et Allah donnera aux croyants une énorme récompense » s.4 v.146

Vite ! Avant que n’arrive…

« Attendent-ils que les anges leurs viennent ? Que vienne ton Seigneur ? Ou que viennent certains signes de ton Seigneur ? Le jour où certains signes de ton Seigneur viendront aucunes âmes ne sauraient tirer profit de sa foi si elles n’avaient pas cru auparavant ou n’avaient acquis aucun bien de sa foi. Dis : Attendez, nous aussi nous attendons. » s.6 v.158

Allah est certes Grand Pardonneur et Miséricordieux mais il n’accepte pas que le serviteur se positionne en joueur, ainsi il y a certaines situations où aucun repentir ne saurait être accepté. Par exemple, lorsque la mort arrive et que l’âme commence à quitter le corps ou lorsque l’on meurt sans croire au Seigneur ou encore lorsque le soleil se lèvera à l’ouest à la fin des temps (Muslim). Allah dit : « l’absolution n’est point destiné à ceux qui font de mauvaises actions jusqu’au moment où la mort se présente à l’un d’entre eux et qui s’écrie « je me repens maintenant non plus pour ceux qui meurent sans croire » » . s.4 v.18

Comment réussir un repentir sincère ?

Il incombe à celui qui veut faire la paix avec lui-même d’avoir certains principes et de s’adonner à certains rituels qui symbolisent la renaissance morale et spirituelle telles les grandes ablutions, quelques prières surérogatoires… Mais il est plus important encore de s’imprégner des sagesses morales à la lueur de la révélation.

  • Il est urgent de se repentir mais il est plus urgent encore de se détourner du péché. (Ali ibn Abi Talib)

  • Ne regarde pas la taille du péché mais regarde plutôt la grandeur de celui que tu as défié. (sagesse soufi)

  • Fais suivre les mauvaises actions par des bonnes ainsi tu les effaceras (Hadith)

  • Seuls les peuples incrédules désespèrent de la miséricorde d’Allah s.12 v.87

Les différents degrés de repentir

« Et chacun aura des niveaux selon ses œuvres. Et ton seigneur n’est point inattentif à ce qu’ils font » s.6 v.132

Il existe dans le Coran trois catégories de repentir :

  • La tawba qui est le repentir des « aspirants » qui sont à la recherche de leur Seigneur. Ce niveau consiste à abandonner les péchés par le corps tout en ressentant encore le désir de le faire, ce qui est le cas de beaucoup.

  • La inaba qui se réfère au repentir des « itinérants » qui cheminent vers Allah et qui ont réussi à détacher leur cœur de l’envie même de désobéir. C’est un mot dans le Coran qui est utilisé exclusivement pour le cœur comme l’indique le verset 33 de la sourate 50.

  • La awba qui est le niveau le plus élevé et le plus sincère du repentir. Il correspond à celui des « arrivants », ceux qui ne désobéissent pas par leurs corps, leurs cœurs ne désirent pas le mal, leurs esprits et leurs pensées sont totalement tournés vers leur Seigneur. D’ailleurs le Coran n’emploie ce terme que pour désigner les Prophètes et les Messagers comme c’est le cas dans les versets 17, 30 et 44 de la sourate 38.

Pour conclure nous partageons avec vous les recommandations d’Ibrahim ibn Adham répondant à un homme, qui lui demande des conseils pour trouver la force de ne plus pécher. Il lui dit : « Si tu décides de désobéir à ton Seigneur alors cache-toi de lui, ne réside plus sur sa terre, ne vit plus de ses subsistances et tâche de ne jamais mourir, car honte à toi et quelle lâcheté de vivre sur sa terre sous son regard et avec ses bienfaits puis de lui désobéir sachant que c’est vers lui le retour».

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Suggestions

Bon comportement en Islam

La notion du bonheur

Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son « sirb », en bonne santé et ayant sa subsistance journalière, c’est comme si le bonheur de ce bas-monde lui a été servi dans sa totalité. » (Tirmidhi)

Cette sagesse, chères lectrices et lecteurs, fait partie des trésors prophétiques. Notre bien-aimé le Messager d’Allah, paix et salut sur lui, en a fait don à l’humanité afin d’attirer leur attention sur l’essentiel des bienfaits d’Allah. En effet, celui qui veut aller de l’avant doit apprendre à observer ceux qui l’ont précédé parmi les illustres hommes afin de marcher sur leurs traces. Toutefois, pour ne pas tomber dans l’obscurantisme qui consiste à ignorer les bienfaits d’Allah à notre égard, il est important de s’en remettre à l’essentiel. Le croyant se doit donc de regarder celui qui est au dessus de lui pour progresser et celui qui est en dessous afin de remercier son Seigneur et être reconnaissant. C’est dans ce sens là que notre bien-aimé le Prophète dit à notre maître Abu Dharr : « regarde plutôt celui qui est en dessous de toi ! Cela est plus à même de te permettre d’éviter de minimiser les bienfaits d’Allah sur toi. » (Al Hakim) Ainsi donc, ce hadith prophétique vient attirer l’attention des aspirants à la notion de bonheur terrestre. Et comme toute chose, elle (la notion du bonheur) peut être amenée à être augmentée ou diminuée. De ce fait, notre maître Salama Ibn Oubeydillah Ibn Nihsan Al Khatmy, comme nous le rapportent l’imam Bukhari dans Al Adab Al Mufrad et Tirmidhi, déclare avoir entendu son père rapporter de notre bien-aimé le Prophète cette parole suivante : « Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son « sirb », en bonne santé et ayant sa subsistance journalière, c’est comme si le bonheur de ce bas-monde lui a été servi dans sa totalité. » Notre bien-aimé met ainsi l’accent sur trois tenants du bonheur que sont la paix et sécurité, la santé et le minimum de subsistance.

La paix et la sécurité

La notion de paix, de stabilité et de sécurité est un principe très cher à notre religion. Ainsi, notre Seigneur s’est donné comme attribut la Paix, Il dit : « C'est Lui, Allah. Nulle divinité que Lui; Le Souverain, le Pur, La Paix, Le Rassurant, le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant, L'Orgueilleux. Gloire à Allah ! Il transcende ce qu'ils Lui associent. » (59; 23). Il a fait de la salutation du croyant une invocation souhaitant la paix à son prochain. De même qu'à la fin de chaque prière, la paix est notre ultime invocation : « que la paix soit avec vous ». Face au Seigneur, « Paix » sera également notre première salutation le Jour Dernier. Dans ce sens Allah dit : « Leur salutation au jour où ils Le rencontreront sera : "Salam" [paix], et Il leur a préparé une généreuse récompense. » (33; 44). D’autre part, notre maître le Messager d’Allah Yusuf n’a trouvé que la paix et la sécurité à souhaiter à sa famille venue vivre à ses côtés en Egypte. Le Coran nous dit : « Lorsqu'ils s'introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère, et leur dit : "Entrez en Egypte, si Allah le veut, en toute sécurité! ». (12: 99) Tout ceci pour appuyer la thèse selon laquelle aucune réussite, aucun bonheur, aucun projet ne peut voir le jour s’il n’y a pas de paix, de sécurité et de stabilité sociale. Et il y a comme preuve de la véracité de ces dires, les guerres et l'instabilité qui règnent dans certaines parties du globe. Des populations déplacées, certains retranchés chez eux, d’autres tués, torturés ou encore terrorisés, quelle place y a-t-il alors pour le bonheur ? Cependant, lorsque le Prophète dit : « Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son sirb », il a usé d’une grande sagesse. D’ailleurs, la complexité du mot « sirb » et l’immensité des sens qu’il englobe m’ont poussé à ne pas le traduire, afin de ne pas restreindre le hadith, car en effet, ce mot englobe quatre significations différentes dans la langue arabe. Il désigne la personne, la famille, le chemin et la route ainsi que la maison. Comme si notre bien-aimé le Prophète voulait nous montrer par le choix de ce mot là, les moments où la sécurité est encore plus appréciée à savoir se sentir en sécurité en soi, au milieu de sa famille, ne pas craindre l’insécurité alors que l’on est sur le chemin et la route qui mène là où nous espérons gagner quelque chose et enfin au cœur de sa maison et de son intimité. Ce hadith est alors la preuve de la véracité de la prophétique déclaration « mon Seigneur m’a accordé la largesse dans la parole » (Muslim), c’est à dire qu’en peu de mots il exprime d’innombrables sens. Chers lectrices et lecteurs, lorsque notre bien-aimé le Prophète met l’accent sur la sécurité, c’est aussi un appel à tout croyant de faire de la paix et la sécurité son combat. A côté de la sécurité extérieure, Allah nous promet la paix intérieure et spirituelle. Il dit : « Ceux qui ont cru et n'ont point troublé la pureté de leur foi par une injustice (association), ceux-là ont la sécurité; et ce sont eux les bien-guidés ». (6:82)

La santé

Le deuxième fondement du bonheur terrestre n’est rien d’autre que la santé dans la considération prophétique. La santé est un moteur qui permet à l’Homme de gagner sa vie et de se rapprocher de son Seigneur. Nul ne peut travailler pour gagner sa vie en toute sérénité face à la maladie. Nul aussi ne peut s’acquitter avec facilité des obligations religieuses dites « corporelles » sans la santé. Ainsi donc, la santé est un don qu’il faut préserver mais c’est aussi un but qu’il faut rechercher, et, dans ce sens, notre bien-aimé le Prophète nous met sur cette piste à diverses occasions. Il dit : « Profite de ta santé avant la maladie » (Al Hakim). Dans un autre hadith il appelle à l’hygiène alimentaire afin de préserver cette santé. Il dit dans ce sens : « Le fils d’Adam ne peut remplir un récipient pire que son ventre. S’il est obligé de le faire, alors qu’il consacre un tiers à la nourriture, un second tiers à la boisson et le dernier tiers à sa respiration. » (Ahmad)

La subsistance journalière

Le dernier pilier du bonheur terrestre tel qu’il est décrit par notre bien-aimé le Prophète n’est rien d’autre que les moyens financiers. En effet, vivre dans la dignité sans tendre la main à personne doit être accessible à tous. Le Coran regorge de versets qui, à maintes reprises appellent à rétablir les inégalités sociales, la dignité humaine, la solidarité et le partage pour tous les individus. D’ailleurs, pour ce fait, un pilier de l’islam, à savoir la zakat, a été consacré à ce but. Lorsque l’on parle de vivre, nous ne voulons pas dire par là les futilités, le gâchis, et tout ce qui n’a comme finalité que de plonger les sociétés dans le matérialisme aveugle. Le Coran n’a-t-il pas dit : « Sachez que la vie présente n'est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l'orgueil entre vous et une rivalité dans l'acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie; ensuite elle devient des débris. Et dans l'au-delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément d'Allah. Et la vie présente n'est que jouissance trompeuse. » (57:20)

Chères lectrices et lecteurs, notre bien-aimé avait pour habitude de dire : « Ô Seigneur, préserve moi de la faim, car c’est un mauvais compagnon de route et protège moi de la trahison car c’est une mauvaise conseillère » (Abu Dawoud). C’est ainsi qu’il considère le danger pour la société; de laisser la pauvreté prospérer et gagner du terrain ainsi que la dégradation des valeurs. Cependant, le vrai croyant n’est pas celui qui, face à un manque, désespère ou cherche à l’assouvir par n’importe quel moyen légal ou illégal. Le vrai croyant est celui qui sait que dans ce bas-monde on ne peut combler tous ses désirs et la porte de l’épreuve est toujours ouverte et ne sera fermée pour les croyants qu’après le retour vers leur Seigneur. Dans ce sens le Coran dit : « Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n'avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu'à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : "Quand viendra le secours d'Allah ? " - Quoi ! Le secours d'Allah est sûrement proche. » (2:214) Il dit aussi : « Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : "Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons". Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés. » (2:155/157)

Et mille salutations à notre maître le Messager d’Allah qui face à l’épreuve fut meilleur exemple : « Et rappelle-toi Job, Notre serviteur, lorsqu'il appela son Seigneur : "Le diable m'a infligé détresse et souffrance". Frappe [la terre] de ton pied : voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire. Et Nous lui rendîmes sa famille et la fîmes deux fois plus nombreuse, comme une miséricorde de Notre part et comme un rappel pour les gens doués d'intelligence. "Et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment". Oui, Nous l'avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur ! Sans cesse il se repentait. » (38:41/44)

Sheikh Ahmad Mustapha Mbaye

il y a 3 mois

Bon comportement en Islam

Les excès de la langue

Celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement, qu’il dise le Bien ou qu’il garde le silence » (Bukhari)

La langue, utilisée dans le contexte de la parole, doit faire l’objet d’une attention particulière, car elle est l’élément principal de communication et de relation avec l’autre. Elle est également un moyen d’adorer notre Seigneur chaque jour et de multiples façons, un outil donc à la fois important et dangereux dans la mesure où il faut apprendre à en prendre soin, à la contrôler et à en faire bon usage afin de ne pas en devenir la victime. Si en islam les mises en garde contre les excès de la langue sont innombrables, force est de constater qu’une grande majorité des musulmans cède encore trop facilement à la tentation de celle-ci. Cet article revient sur les risques d’une langue trop pendue. « C'est la moisson de la langue qui le plus souvent jette les gens dans l'Enfer » (Muslim)

C’est ainsi que notre maître le Prophète mettait en garde les fidèles contre les excès de la langue. Parler peut être chose très facile, et pour beaucoup, des mots sont moins graves que des actes. L’erreur consiste ici à penser qu’accorder de l’importance à ce que nous disons reste secondaire et que l’utilisation de la langue, à tort et à travers, n’est pas en son sens très dramatique puisque « cela ne reste que de simples paroles ». Pourtant, on sait aussi que des mots peuvent être plus blessants que des coups car les mots, contrairement aux coups qui eux ne laissent que des traces physiques, atteignent sans détour l’état psychique et psychologique de la personne. C’est son intérieur et sa stabilité qui sont ainsi touchés. Le Prophète décrit le croyant comme « celui qui ne nuit pas aux autres ni par sa langue, ni par sa main » (Bukhari). Le musulman ne peut donc en aucun cas se permettre de négliger ce qui sort de sa bouche. Dieu nous a ordonné la justesse et la véracité même dans nos paroles lorsqu’il dit « Et dit à mes serviteurs de dire les meilleures paroles car le diable veut semer entre eux la dissension et il est pour l’homme un ennemi déclaré » (s.17 v.53). C’est pourquoi il faut être vigilant, réfléchir avant de parler et apprendre à mesurer le poids de chacun de ses mots. Bien souvent le silence est meilleur. Nul doute que sous-estimer les dégâts que peut causer notre langue se traduit par une chute vers mal dont l’accès est particulièrement aisé en cette époque. C’est pourquoi le Prophète a dit : « Celui qui me garantit ce qu’il y a entre ses maxillaires et ce qu’il y a entre ses cuisses, je lui garantis le paradis » (Muslim). Tenir sa langue et peser ses propos peut dès lors apparaître assez difficile. Fort heureusement, aucun vice ne résiste face à l’éducation. Mensonge, médisance, calomnie

Ces trois mots résument les pires habitudes qui occupent bien des discussions. Trois choses qui ne peuvent qu’éloigner du Seigneur. En effet, pour ce qui est des mensonges, Allah dit : « que la malédiction d’Allah soit sur les menteurs » (s.3 v.61) et le Prophète rajoute : « Prenez garde contre le mensonge car certes le mensonge mène à la perversion et la perversion à l’enfer. L’homme se mettra à mentir jusqu’à finir par être considéré auprès d’Allah comme étant un menteur » (Bukhari). Quoi de plus détestable en effet pour celui qui se revendique musulman de ne pas prendre le parti de la vérité alors que le Coran nous dit : « Ô vous qui avez cru, craignez Allah et soyez parmi les véridiques » (s.9 v.119). En ce qui concerne la médisance, elle présente un caractère à la fois subtil et dangereux, qui très souvent porte à confusion car la médisance est telle qu’elle pousse les personnes qui la pratiquent à croire qu’ils ne font qu’énoncer une vérité, bien entendu dans le mal, sur un tiers en son absence. En effet, comme le dit le Prophète, médire, c’est : « Mentionner en l’absence d’un homme ce qui pourrait lui déplaire » (Muslim). Par méchanceté ou légèreté pour parvenir à évaluer à juste titre le fait de médire et ainsi comprendre à quel point l’acte est une abomination, il suffit de se référer au verset dans lequel Allah nous dit: « Et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair du cadavre de son frère ? Cela vous répugne évidemment » (s.49 v.12). La calomnie enfin, consiste à inventer des choses sur une personne et à les raconter aux autres à ses dépends. La plus belle preuve de la vanité de la calomnie reste l’histoire de ‘Aicha, lorsqu'elle fut accusée d’avoir trompé le Prophète. C’est finalement Dieu lui-même qui l'a innocentée et a rétabli la vérité : « Vous attrapiez en effet ces calomnies avec vos langues et vous disiez de vos bouches ce dont vous ne saviez rien » (s.24 v.11-17). Perdre du temps à causer du tort aux autres, reste par-dessus tout indigne d’une personne qui dit vouloir cheminer vers Dieu. « L’Homme peut dire une petite parole à laquelle il n’accorde aucune considération alors que celle-ci le rapproche de l’enfer de soixante dix coudées » (Bukhari)

Chères lectrices, chers lecteurs, j’aimerais pour finir attirer votre attention sur les petits excès qui peuvent sembler insignifiants au quotidien mais qui n’en sont pas moins importants, et causent du tort aux autres, ainsi qu’à nous-mêmes. Nous citerons par exemple les insultes et les vulgarités en tous genres, qui ponctuent parfois toutes les phrases de ceux qui n’y accordent aucune considération. Les exagérations également, de ceux qui transforment la vérité pour attirer l’attention, et les paroles inutiles, qui ne renferment aucun bien et auxquelles il serait plus sage de privilégier le silence. Le manque de discrétion et de pudeur enfin, sont particulièrement d’actualité aujourd’hui. Le musulman doit être discret dans ses paroles, et ce surtout lorsqu’elles concernent la vie privée, ou les erreurs dont on n’a pas à se vanter. Il est malheureusement de nos jours, tout à fait commun de sortir et d’entendre ceux qui se disent croyants étaler sans honte leurs méfaits pour se faire remarquer.

On dit que le silence est d’or et qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer, voilà pourquoi préserver la langue c’est certes tenir en laisse l'un des pires ennemis de l’homme

Lucie Dupuis

il y a 3 mois

Bon comportement en Islam

Bague en or pour l’homme

L’imam ‘Ali, que Dieu l’agrée, rapporte qu’un jour notre maître le prophète, paix et salut sur lui, a mis de la soie dans sa main droite et de l’or dans sa main gauche puis il dit : « Voilà deux choses interdites aux hommes de ma communauté. » (Abou Daoud). Le droit islamique interdit ainsi à l’homme d’avoir une bague, une montre ou tous autres bijoux en or. Il faut noter que cette interdiction ne concerne pas les femmes.

Lucie Dupuis

il y a 3 mois