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L’allégeance agréée
Hedi Majdoub
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Chers lectrices et lecteurs, notre sujet d'aujourd'hui tournera autour de six versets de la sourate Al Fath. Ces six versets ont expliqué et dénombré les multiples récompenses de ceux qui sont véridiques dans leur foi et purs dans leurs intentions vis-à-vis de leur seigneur.

Lorsque nous parlons de récompense, nous ne faisons pas référence ici à celle de l’Au-Delà mais à celle réservée dans ce bas monde. En effet, ces six versets dont nous allons parler ont été révélés après ce que l'on appelle Bay’atoul Ridouane, « L’allégeance de l’Agrément ». Bay’atoul Ridouane s'est déroulé lorsque le prophète, paix et salut sur lui, s'est préparé avec les compagnons pour accomplir le petit pèlerinage à La Mecque. Cependant, les mecquois avaient formé un bloc empêchant les musulmans de faire leur ‘Umra. Dans ces conditions difficiles et plus que critiques, le prophète, paix et salut sur lui, a envoyé un de ses proches compagnons, Uthman Ibn ‘Affan, le troisième calife de l'islam et l’homme qui eut l’honneur de se marier successivement avec deux filles du prophète. Uthman fut envoyé afin de négocier la venue des musulmans au lieu saint de l'islam. Mais le choix d’Uthman ne fut pas pris au hasard ; Uthman Ibn Affan était, en plus d'être respecté, très aimé de Quraish. De telle sorte que lorsqu'un parent voulait déclarer son amour pour son enfant il lui disait : « je t'aime d’un amour semblable à celui que porte Quraysh pour Uthman ».

Une fois arrivé à la Mecque, Uthman fut accueilli avec respect par les mecquois qui lui dirent : « O Uthman, quant à toi, tu peux faire le pèlerinage, ta ‘umra, comme tu le souhaites et y rester autant que tu le désires. » Cette réponse déplut à Uthman qui leur répondit : « Par Dieu, jamais je ne ferai la ‘umra tant que le prophète et le dernier des compagnons ne l’auront accompli. » Cette parole a bien entendu crée des différents et des tensions entre les dirigeants qui ont fini par prendre Uthman en otage. Cela fit beaucoup de bruit et la rumeur selon laquelle les mecquois avaient tué Uthman était arrivée jusqu'aux oreilles du prophète, paix et salut sur lui, et de ses compagnons. Alors, le prophète pour venger ce que les musulmans pensaient être la mort de Uthman, appela et réunit tous les musulmans afin qu'ils lui prêtent serment de combattre à ses côtés jusqu'à la victoire ou jusqu'à la mort. Les Compagnons ont alors répondu à son appel ; ils sont venus le trouver sous un arbre et, un par un, ils lui ont, hommes et femmes, prêté serment. Ils étaient plus de trois cents.

À la suite de cet acte de sincérité, de bravoure et de fidélité, ils furent tous récompensés. Une récompense venant au-delà des sept cieux. Une récompense qui se concrétisa par six versets de la sourate Al Fath, dans lesquels Allah leur annonça neuf promesses. La première récompense est l’annonce de l’agrément d’Allah, un agrément qui ne sera jamais suivi de colère. L’agrément d'Allah est la plus haute récompense et la plus haute considération que peut obtenir une créature de la part de son seigneur. Allah révéla alors le verset : « Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t'ont prêté le serment d'allégeance sous l'arbre. » (48 : 18).

La deuxième bonne nouvelle après celle de l’agrément divin, est le témoignage du Seigneur sur la pureté de leurs cœurs et la sincérité de leurs intentions : « Il a su ce qu'il y avait dans leurs cœurs » (48 : 18). La troisième récompense est qu’Allah leur a octroyé et fait descendre sur eux la sérénité divine ; ils ne connaitront désormais plus de peur ni de crainte : « et a fait descendre sur eux la quiétude » (48 : 18). Quant à la quatrième promesse, c'est l’annonce de la prise de la Mecque. Le Tout Puissant leur promet La Mecque qui tombera entre leurs mains d'ici peu de temps. Ils n’auront à demander ni autorisation ni permission à qui ce soit pour pratiquer leur religion : « et Il les a récompensés par une victoire proche ainsi qu'un abondant butin qu'ils ramasseront. Allah est Puissant et Sage ». Cinquièmement, hormis la victoire La Mecque, Allah leur promet une successivité de victoires sur leurs ennemis et, à la tête de celles-ci, la victoire lors de la bataille de Khaybar dans laquelle non seulement les musulmans ont triomphé sur les mécréants mais en plus, ils ont bénéficié d'innombrables butins : « Allah vous a promis un abondant butin que vous prendrez, et Il a hâté pour vous Celle-ci » (48 : 19), c'est-à-dire la bataille de Khaybar car elle est venue très peu de temps après cette allégeance faite sous l’arbre.

La sixième récompense, c'est la protection divine. Allah leur fait savoir que désormais plus aucun ennemi ne pourra leur faire du mal, puis aucun ennemi ne pourra prendre le dessus sur eux. Une manière de dire que si nous sommes sincères dans nos intentions et que nous avons l’agrément de notre Seigneur, personne ne pourra nous faire du mal. Aucune force, aucune communauté, aucune autorité ne pourra nous nuire : « et Il a repoussé de vous le mal des gens, afin que tout cela soit un signe pour les croyants» (48 : 19). Voilà là un message à tous les opprimés et minorités qui subissent des injustices : c’est avec un retour sincère vers leur seigneur qu'ils connaîtront la paix et le salut. Pour la septième récompense Allah leur dit « et Il vous guide dans un droit chemin » (48 : 19), une guidée que nous cessons d’implorer matin et soir, dans toutes nos prières, dans chaque rakaat, au moment où nous disons : « Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. » (1 : 6/7). Cette guidée leur fut accordée grâce à leur sincérité. Après avoir bénéficié de l’agrément du Seigneur, du témoignage divin sur la pureté de leur cœur, de la quiétude qu’Il leur accorde, de la promesse de la prise de la Mecque ainsi que d'autres victoires accompagnées d’énormément de butins, après qu’Il leur ait accordé Sa Protection et la guidée vers le droit chemin, Allah leur fait savoir que désormais plus aucune force n’osera même les attaquer grâce notamment à la préparation aussi bien spirituelle que matérielle dont ils jouissent : «Et si ceux qui ont mécru vous combattent, ils se détourneront, certes; puis ils ne trouveront ni allié ni secoureur. » (48 : 21)

Chers lectrices et lecteurs, il se peut que certains se disent que toutes ces récompenses, toutes ces bonnes nouvelles, tous ces versets concernent exclusivement le prophète, paix et salut sur lui, et ses compagnons et que nous ne pourrons jamais bénéficier de toutes ces récompenses. Nous leur annonçons qu’Allah promet la même chose à tous ceux qui sont véridiques et qui répondent sans chahuter aux exigences de leur foi. En effet, la neuvième bonne annonce est conclue par ce sixième verset : « Telle est la règle d'Allah appliquée aux générations passées. Et tu ne trouveras jamais de changement à la règle d'Allah. » (48 :23)

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Suggestions

Bon comportement en Islam

La notion du bonheur

Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son « sirb », en bonne santé et ayant sa subsistance journalière, c’est comme si le bonheur de ce bas-monde lui a été servi dans sa totalité. » (Tirmidhi)

Cette sagesse, chères lectrices et lecteurs, fait partie des trésors prophétiques. Notre bien-aimé le Messager d’Allah, paix et salut sur lui, en a fait don à l’humanité afin d’attirer leur attention sur l’essentiel des bienfaits d’Allah. En effet, celui qui veut aller de l’avant doit apprendre à observer ceux qui l’ont précédé parmi les illustres hommes afin de marcher sur leurs traces. Toutefois, pour ne pas tomber dans l’obscurantisme qui consiste à ignorer les bienfaits d’Allah à notre égard, il est important de s’en remettre à l’essentiel. Le croyant se doit donc de regarder celui qui est au dessus de lui pour progresser et celui qui est en dessous afin de remercier son Seigneur et être reconnaissant. C’est dans ce sens là que notre bien-aimé le Prophète dit à notre maître Abu Dharr : « regarde plutôt celui qui est en dessous de toi ! Cela est plus à même de te permettre d’éviter de minimiser les bienfaits d’Allah sur toi. » (Al Hakim) Ainsi donc, ce hadith prophétique vient attirer l’attention des aspirants à la notion de bonheur terrestre. Et comme toute chose, elle (la notion du bonheur) peut être amenée à être augmentée ou diminuée. De ce fait, notre maître Salama Ibn Oubeydillah Ibn Nihsan Al Khatmy, comme nous le rapportent l’imam Bukhari dans Al Adab Al Mufrad et Tirmidhi, déclare avoir entendu son père rapporter de notre bien-aimé le Prophète cette parole suivante : « Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son « sirb », en bonne santé et ayant sa subsistance journalière, c’est comme si le bonheur de ce bas-monde lui a été servi dans sa totalité. » Notre bien-aimé met ainsi l’accent sur trois tenants du bonheur que sont la paix et sécurité, la santé et le minimum de subsistance.

La paix et la sécurité

La notion de paix, de stabilité et de sécurité est un principe très cher à notre religion. Ainsi, notre Seigneur s’est donné comme attribut la Paix, Il dit : « C'est Lui, Allah. Nulle divinité que Lui; Le Souverain, le Pur, La Paix, Le Rassurant, le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant, L'Orgueilleux. Gloire à Allah ! Il transcende ce qu'ils Lui associent. » (59; 23). Il a fait de la salutation du croyant une invocation souhaitant la paix à son prochain. De même qu'à la fin de chaque prière, la paix est notre ultime invocation : « que la paix soit avec vous ». Face au Seigneur, « Paix » sera également notre première salutation le Jour Dernier. Dans ce sens Allah dit : « Leur salutation au jour où ils Le rencontreront sera : "Salam" [paix], et Il leur a préparé une généreuse récompense. » (33; 44). D’autre part, notre maître le Messager d’Allah Yusuf n’a trouvé que la paix et la sécurité à souhaiter à sa famille venue vivre à ses côtés en Egypte. Le Coran nous dit : « Lorsqu'ils s'introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère, et leur dit : "Entrez en Egypte, si Allah le veut, en toute sécurité! ». (12: 99) Tout ceci pour appuyer la thèse selon laquelle aucune réussite, aucun bonheur, aucun projet ne peut voir le jour s’il n’y a pas de paix, de sécurité et de stabilité sociale. Et il y a comme preuve de la véracité de ces dires, les guerres et l'instabilité qui règnent dans certaines parties du globe. Des populations déplacées, certains retranchés chez eux, d’autres tués, torturés ou encore terrorisés, quelle place y a-t-il alors pour le bonheur ? Cependant, lorsque le Prophète dit : « Celui parmi vous qui se réveille le matin en totale sécurité dans son sirb », il a usé d’une grande sagesse. D’ailleurs, la complexité du mot « sirb » et l’immensité des sens qu’il englobe m’ont poussé à ne pas le traduire, afin de ne pas restreindre le hadith, car en effet, ce mot englobe quatre significations différentes dans la langue arabe. Il désigne la personne, la famille, le chemin et la route ainsi que la maison. Comme si notre bien-aimé le Prophète voulait nous montrer par le choix de ce mot là, les moments où la sécurité est encore plus appréciée à savoir se sentir en sécurité en soi, au milieu de sa famille, ne pas craindre l’insécurité alors que l’on est sur le chemin et la route qui mène là où nous espérons gagner quelque chose et enfin au cœur de sa maison et de son intimité. Ce hadith est alors la preuve de la véracité de la prophétique déclaration « mon Seigneur m’a accordé la largesse dans la parole » (Muslim), c’est à dire qu’en peu de mots il exprime d’innombrables sens. Chers lectrices et lecteurs, lorsque notre bien-aimé le Prophète met l’accent sur la sécurité, c’est aussi un appel à tout croyant de faire de la paix et la sécurité son combat. A côté de la sécurité extérieure, Allah nous promet la paix intérieure et spirituelle. Il dit : « Ceux qui ont cru et n'ont point troublé la pureté de leur foi par une injustice (association), ceux-là ont la sécurité; et ce sont eux les bien-guidés ». (6:82)

La santé

Le deuxième fondement du bonheur terrestre n’est rien d’autre que la santé dans la considération prophétique. La santé est un moteur qui permet à l’Homme de gagner sa vie et de se rapprocher de son Seigneur. Nul ne peut travailler pour gagner sa vie en toute sérénité face à la maladie. Nul aussi ne peut s’acquitter avec facilité des obligations religieuses dites « corporelles » sans la santé. Ainsi donc, la santé est un don qu’il faut préserver mais c’est aussi un but qu’il faut rechercher, et, dans ce sens, notre bien-aimé le Prophète nous met sur cette piste à diverses occasions. Il dit : « Profite de ta santé avant la maladie » (Al Hakim). Dans un autre hadith il appelle à l’hygiène alimentaire afin de préserver cette santé. Il dit dans ce sens : « Le fils d’Adam ne peut remplir un récipient pire que son ventre. S’il est obligé de le faire, alors qu’il consacre un tiers à la nourriture, un second tiers à la boisson et le dernier tiers à sa respiration. » (Ahmad)

La subsistance journalière

Le dernier pilier du bonheur terrestre tel qu’il est décrit par notre bien-aimé le Prophète n’est rien d’autre que les moyens financiers. En effet, vivre dans la dignité sans tendre la main à personne doit être accessible à tous. Le Coran regorge de versets qui, à maintes reprises appellent à rétablir les inégalités sociales, la dignité humaine, la solidarité et le partage pour tous les individus. D’ailleurs, pour ce fait, un pilier de l’islam, à savoir la zakat, a été consacré à ce but. Lorsque l’on parle de vivre, nous ne voulons pas dire par là les futilités, le gâchis, et tout ce qui n’a comme finalité que de plonger les sociétés dans le matérialisme aveugle. Le Coran n’a-t-il pas dit : « Sachez que la vie présente n'est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l'orgueil entre vous et une rivalité dans l'acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie; ensuite elle devient des débris. Et dans l'au-delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément d'Allah. Et la vie présente n'est que jouissance trompeuse. » (57:20)

Chères lectrices et lecteurs, notre bien-aimé avait pour habitude de dire : « Ô Seigneur, préserve moi de la faim, car c’est un mauvais compagnon de route et protège moi de la trahison car c’est une mauvaise conseillère » (Abu Dawoud). C’est ainsi qu’il considère le danger pour la société; de laisser la pauvreté prospérer et gagner du terrain ainsi que la dégradation des valeurs. Cependant, le vrai croyant n’est pas celui qui, face à un manque, désespère ou cherche à l’assouvir par n’importe quel moyen légal ou illégal. Le vrai croyant est celui qui sait que dans ce bas-monde on ne peut combler tous ses désirs et la porte de l’épreuve est toujours ouverte et ne sera fermée pour les croyants qu’après le retour vers leur Seigneur. Dans ce sens le Coran dit : « Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n'avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu'à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : "Quand viendra le secours d'Allah ? " - Quoi ! Le secours d'Allah est sûrement proche. » (2:214) Il dit aussi : « Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : "Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons". Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés. » (2:155/157)

Et mille salutations à notre maître le Messager d’Allah qui face à l’épreuve fut meilleur exemple : « Et rappelle-toi Job, Notre serviteur, lorsqu'il appela son Seigneur : "Le diable m'a infligé détresse et souffrance". Frappe [la terre] de ton pied : voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire. Et Nous lui rendîmes sa famille et la fîmes deux fois plus nombreuse, comme une miséricorde de Notre part et comme un rappel pour les gens doués d'intelligence. "Et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment". Oui, Nous l'avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur ! Sans cesse il se repentait. » (38:41/44)

Sheikh Ahmad Mustapha Mbaye

il y a 2 mois

Bon comportement en Islam

Les excès de la langue

Celui qui croit en Dieu et au jour du Jugement, qu’il dise le Bien ou qu’il garde le silence » (Bukhari)

La langue, utilisée dans le contexte de la parole, doit faire l’objet d’une attention particulière, car elle est l’élément principal de communication et de relation avec l’autre. Elle est également un moyen d’adorer notre Seigneur chaque jour et de multiples façons, un outil donc à la fois important et dangereux dans la mesure où il faut apprendre à en prendre soin, à la contrôler et à en faire bon usage afin de ne pas en devenir la victime. Si en islam les mises en garde contre les excès de la langue sont innombrables, force est de constater qu’une grande majorité des musulmans cède encore trop facilement à la tentation de celle-ci. Cet article revient sur les risques d’une langue trop pendue. « C'est la moisson de la langue qui le plus souvent jette les gens dans l'Enfer » (Muslim)

C’est ainsi que notre maître le Prophète mettait en garde les fidèles contre les excès de la langue. Parler peut être chose très facile, et pour beaucoup, des mots sont moins graves que des actes. L’erreur consiste ici à penser qu’accorder de l’importance à ce que nous disons reste secondaire et que l’utilisation de la langue, à tort et à travers, n’est pas en son sens très dramatique puisque « cela ne reste que de simples paroles ». Pourtant, on sait aussi que des mots peuvent être plus blessants que des coups car les mots, contrairement aux coups qui eux ne laissent que des traces physiques, atteignent sans détour l’état psychique et psychologique de la personne. C’est son intérieur et sa stabilité qui sont ainsi touchés. Le Prophète décrit le croyant comme « celui qui ne nuit pas aux autres ni par sa langue, ni par sa main » (Bukhari). Le musulman ne peut donc en aucun cas se permettre de négliger ce qui sort de sa bouche. Dieu nous a ordonné la justesse et la véracité même dans nos paroles lorsqu’il dit « Et dit à mes serviteurs de dire les meilleures paroles car le diable veut semer entre eux la dissension et il est pour l’homme un ennemi déclaré » (s.17 v.53). C’est pourquoi il faut être vigilant, réfléchir avant de parler et apprendre à mesurer le poids de chacun de ses mots. Bien souvent le silence est meilleur. Nul doute que sous-estimer les dégâts que peut causer notre langue se traduit par une chute vers mal dont l’accès est particulièrement aisé en cette époque. C’est pourquoi le Prophète a dit : « Celui qui me garantit ce qu’il y a entre ses maxillaires et ce qu’il y a entre ses cuisses, je lui garantis le paradis » (Muslim). Tenir sa langue et peser ses propos peut dès lors apparaître assez difficile. Fort heureusement, aucun vice ne résiste face à l’éducation. Mensonge, médisance, calomnie

Ces trois mots résument les pires habitudes qui occupent bien des discussions. Trois choses qui ne peuvent qu’éloigner du Seigneur. En effet, pour ce qui est des mensonges, Allah dit : « que la malédiction d’Allah soit sur les menteurs » (s.3 v.61) et le Prophète rajoute : « Prenez garde contre le mensonge car certes le mensonge mène à la perversion et la perversion à l’enfer. L’homme se mettra à mentir jusqu’à finir par être considéré auprès d’Allah comme étant un menteur » (Bukhari). Quoi de plus détestable en effet pour celui qui se revendique musulman de ne pas prendre le parti de la vérité alors que le Coran nous dit : « Ô vous qui avez cru, craignez Allah et soyez parmi les véridiques » (s.9 v.119). En ce qui concerne la médisance, elle présente un caractère à la fois subtil et dangereux, qui très souvent porte à confusion car la médisance est telle qu’elle pousse les personnes qui la pratiquent à croire qu’ils ne font qu’énoncer une vérité, bien entendu dans le mal, sur un tiers en son absence. En effet, comme le dit le Prophète, médire, c’est : « Mentionner en l’absence d’un homme ce qui pourrait lui déplaire » (Muslim). Par méchanceté ou légèreté pour parvenir à évaluer à juste titre le fait de médire et ainsi comprendre à quel point l’acte est une abomination, il suffit de se référer au verset dans lequel Allah nous dit: « Et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair du cadavre de son frère ? Cela vous répugne évidemment » (s.49 v.12). La calomnie enfin, consiste à inventer des choses sur une personne et à les raconter aux autres à ses dépends. La plus belle preuve de la vanité de la calomnie reste l’histoire de ‘Aicha, lorsqu'elle fut accusée d’avoir trompé le Prophète. C’est finalement Dieu lui-même qui l'a innocentée et a rétabli la vérité : « Vous attrapiez en effet ces calomnies avec vos langues et vous disiez de vos bouches ce dont vous ne saviez rien » (s.24 v.11-17). Perdre du temps à causer du tort aux autres, reste par-dessus tout indigne d’une personne qui dit vouloir cheminer vers Dieu. « L’Homme peut dire une petite parole à laquelle il n’accorde aucune considération alors que celle-ci le rapproche de l’enfer de soixante dix coudées » (Bukhari)

Chères lectrices, chers lecteurs, j’aimerais pour finir attirer votre attention sur les petits excès qui peuvent sembler insignifiants au quotidien mais qui n’en sont pas moins importants, et causent du tort aux autres, ainsi qu’à nous-mêmes. Nous citerons par exemple les insultes et les vulgarités en tous genres, qui ponctuent parfois toutes les phrases de ceux qui n’y accordent aucune considération. Les exagérations également, de ceux qui transforment la vérité pour attirer l’attention, et les paroles inutiles, qui ne renferment aucun bien et auxquelles il serait plus sage de privilégier le silence. Le manque de discrétion et de pudeur enfin, sont particulièrement d’actualité aujourd’hui. Le musulman doit être discret dans ses paroles, et ce surtout lorsqu’elles concernent la vie privée, ou les erreurs dont on n’a pas à se vanter. Il est malheureusement de nos jours, tout à fait commun de sortir et d’entendre ceux qui se disent croyants étaler sans honte leurs méfaits pour se faire remarquer.

On dit que le silence est d’or et qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer, voilà pourquoi préserver la langue c’est certes tenir en laisse l'un des pires ennemis de l’homme

Lucie Dupuis

il y a 2 mois

Bon comportement en Islam

Bague en or pour l’homme

L’imam ‘Ali, que Dieu l’agrée, rapporte qu’un jour notre maître le prophète, paix et salut sur lui, a mis de la soie dans sa main droite et de l’or dans sa main gauche puis il dit : « Voilà deux choses interdites aux hommes de ma communauté. » (Abou Daoud). Le droit islamique interdit ainsi à l’homme d’avoir une bague, une montre ou tous autres bijoux en or. Il faut noter que cette interdiction ne concerne pas les femmes.

Lucie Dupuis

il y a 2 mois